Marc Spielrein : "Les conclusions du médiateur de Doha ne sont pas acceptables"
Alors que la France s’apprête, en 2009, à transposer le bilan de santé de la PAC, Marc Spielrein, PDG de Rungis, exprime ses craintes sur le cycle de Doha et l’avenir de la PAC.
Alors que la France s’apprête, en 2009, à transposer le bilan de santé de la PAC, Marc Spielrein, PDG de Rungis, exprime ses craintes sur le cycle de Doha et l’avenir de la PAC.
A l’heure du bilan à mi-parcours de la Politique Agricole Commune et des négociations du cycle de Doha, comment sera organisé, à long terme, l’approvisionnement alimentaire des Européens ? C’est à cette question que Marc Spielrein, PDG de Rungis a tenté de répondre, mardi 13 janvier, devant la Commission Europe du MEDEF et le Mouvement Européen – France.
Insistant à la fois sur la nécessité, pour la France, du libre échange dans le domaine agricole et sur celle de préserver sa production, Marc Spielrein a indiqué qu’au marché de Rungis, « nous privilégions très clairement la production française » dans le respect des normes de la concurrence européenne.
Il a ensuite évoqué le « phénomène imprévu » qu’a constitué l’explosion des prix agricoles entre 2006 et début 2008 et ses effets en terme d’émeutes de la faim et de risques de pénurie à long terme. Dans ce contexte, il a rappelé que, selon un récent sondage, 83% des Français considèraient que le pays devait être autosuffisant au niveau alimentaire. Une position, selon lui, « intéressante par rapport à ce qu’on entend sur les politiques agricoles communes ».
A la question de savoir s’il fallait accepter le libre échange et l’accord de Doha, Marc Spielrein répond par la négative. « La position que je défends aujourd’hui c’est que les conclusions du médiateur de Doha ne sont pas acceptables », a-t-il indiqué. Du fait du risque de déséquilibre durable « nous devons faire en sorte que l’Europe produise une grande partie de ses besoins, 70-80% » pour éviter de « remettre notre approvisionnement aux mains de tiers », a-t-il ajouté.
Dans le même registre, le PDG de Rungis a également plaidé pour une harmonisation des contrôles des importations. « Les contrôles sont beaucoup moins élevés à Rotterdam qu’au Havre ». Faute d’une administration pour effectuer ces contrôles, ils reposent sur les normes des États membres.
Autre point sensible : les OGM. En réponse à une question de la salle sur les OGM, Mars Spielrein a déclaré : « il n’est pas avéré qu’on ait besoin d’OGM à l’intérieur de l’Union européenne ». En revanche, si les OGM permettent « d’améliorer les rendements » dans les pays en développement, « il vaut mieux manger des OGM que mourir de faim », a-t-il ajouté.
Sylvie Goulard, la présidente du Mouvement Européen – France, qui animait la rencontre, a, quant à elle, abordé la question du bilan de santé de la PAC qualifiant le texte « d’étrange » et de « surréaliste ». Elle s’est étonnée que l’ensemble de la politique agricole ait été pensé pour diminuer la production alors que le bilan propose d’augmenter les quotas laitiers jusqu’à les supprimer. Elle a également regretté la « position très idéologique » que la France a coutume d’adopter sur ce sujet qui lui a valu de perdre « une certaine crédibilité à Bruxelles ».
CALENDRIER :
Début février 2009 : propositions de Michel Barnier pour la transposition du bilan de santé de la PAC en France
2010 : début de la négociation budgétaire et des orientations de réforme pour la PAC post 2013