Marc Fesneau dévoile sa stratégie pour renouveler les générations d'agriculteurs
Le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a tracé, dimanche (10 septembre), les grandes lignes du pacte et de la loi d’orientation et d’avenir agricole, et promis un milliard d’euros en 2024.
Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a tracé, dimanche (10 septembre), les grandes lignes du pacte et de la loi d’orientation et d’avenir agricoles, et promis un milliard d’euros en 2024.
Préparer l’agriculture française de 2030. « Cet horizon, je le résumerais par la poursuite de la reconquête de notre souveraineté, par la capacité de résilience et donc notre capacité à accompagner les grandes transitions à l’œuvre », a souligné Marc Fesneau à Cambrai sous un soleil de plomb, à l’occasion de Terre de Jim, l’évènement annuel du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA).
Ce “pacte-loi d’orientation et d’avenir agricoles” (PLOAA), annoncé il y a un an par Emmanuel Macron au même endroit, vise à planifier et transformer l’agriculture française pour les dix ans à venir, afin d’assurer la transition environnementale et relever le défi du renouvellement des générations.
Dans dix ans en France et en Europe, un agriculteur sur deux partira à la retraite. Pour pallier ce vide démographique, le gouvernement envisage, d’ici là, l’installation de plus de 150 000 nouveaux agriculteurs.
Communication, formation, installation
Afin de stimuler l’attractivité des métiers du secteur agricole, le ministère prévoit plusieurs actions dès la rentrée 2024 : une campagne de communication à destination des jeunes, une « action de découverte de l’activité agricole » pour tous les enfants en école élémentaire, ou encore l’opportunité offerte aux collégiens de faire des stages pour découvrir les différents métiers.
« Nous avons besoin d’attirer plus de jeunes, et aussi de moins jeunes, pour assurer le renouvellement des générations », a lancé le ministre qui s’est tout de même félicité d’une hausse de 4 % d’élèves depuis 2020 dans les formations. L’objectif désormais : 30 % d’apprenants en plus.
Le pacte entend renforcer le nombre et la capacité des formateurs, et faciliter la transmission comme l’installation dans une ferme. Quelques outils ont été évoqués comme « un fonds de garantie » pour faciliter les prêts pour les jeunes, ou « un fonds en faveur de la souveraineté alimentaire et des transitions », qui vise à soutenir des projets agroalimentaires.
Pour alléger l’accès au foncier, des outils d’accompagnement comme le portage seront opérationnels dès 2024.
Si la question du renouvellement des générations est portée par l’État français, les subventions européennes (PAC) prévoient une aide à l’installation pour les jeunes agriculteurs (DJA). Elle s’élève à 116 millions d’euros depuis janvier 2023, passant de 2 à 4 % du budget total.
Un milliard d’euros
Pour mener à bien ces ambitions, le ministre a promis un milliard d’euros supplémentaires en 2024 – une hausse de 15 % du budget – et 2,5 milliards pour 2025 et 2026.
D’autres fonds permettront d’accompagner les exploitants dans la transition environnementale, que ce soit pour limiter la consommation de pesticides, accélérer la décarbonation du secteur ou s’adapter au réchauffement climatique.
Le syndicat organisateur JA, proche de la FNSEA, et qui fait du renouvellement des générations un combat prioritaire, s’est dit « satisfait » des axes proposés par le ministre. « Le temps des annonces est terminé et il était temps. Il est maintenant urgent de les concrétiser par des mesures précises », écrit-il.
Dans un communiqué, le Collectif nourrir, composé d’une cinquantaine d’organisations œuvrant pour une PAC plus verte, attend des précisions et espère un renforcement des mesures.
« La transition écologique, qui implique de vrais changements de systèmes et non de simples ajustements ou une optimisation, doit être la véritable boussole du PLOAA », a-t-il réagi.
De son côté, Green Peace déplore l’absence d’engagement dans la transition du secteur de l’élevage, « pourtant au cœur de la transition agricole et alimentaire, ce qui est extrêmement décevant ».
Pour accompagner le pacte, contenant des mesures réglementaires, budgétaires, une loi est en cours de rédaction. Elle sera examinée au Parlement en décembre.