Manifestations contre le gaz de schiste en Bulgarie

Des milliers de Bulgares sont descendus dans les rues pour protester contre les explorations de gisements de gaz de schiste. Ils craignent en effet que ces pratiques n'entraînent la pollution des nappes phréatiques, déclenchent des tremblements de terre et présentent de sérieux risques pour la santé.

EURACTIV.com / Reuters
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Des milliers de Bulgares sont descendus dans les rues pour protester contre les explorations de gisements de gaz de schiste. Ils craignent en effet que ces pratiques n'entraînent la pollution des nappes phréatiques, déclenchent des tremblements de terre et présentent de sérieux risques pour la santé.

Les manifestants se sont rassemblés dans plus de six villes bulgares samedi (14 janvier) pour réclamer un moratoire sur le recours à la fracturation hydraulique ainsi qu'une nouvelle loi visant à interdire les activités de forage non conventionnelles dans le pays.

« J'y suis opposée, car nous ne savons pas quels produits chimiques ils vont injecter dans le sol. Une fois que l'eau sera empoisonnée, que boirons-nous ? », se demande Olga Petrova, une étudiante de 24 ans qui a participé à une manifestation à Sofia.

En juin, le gouvernement de centre-droit a accordé une licence à l'entreprise énergétique américaine Chevron pour réaliser des tests sur le gaz de schiste au nord-est de la Bulgarie. Il espérait pouvoir réduire la dépendance quasi totale du pays vis-à-vis des importations de gaz russe de Gazprom.

Le gaz de schiste est du gaz naturel renfermé dans des formations rocheuses. Ce gaz a été découvert en abondance au cours des dix dernières années, et ce dans différentes régions du monde. Il s'agit donc d'une ressource énergétique dotée d'un grand potentiel.

Certaines études démontrent toutefois que son impact sur le réchauffement climatique pourrait être plus important que celui du charbon, en raison du volume de méthane libéré dans l'atmosphère lors de son extraction.

Certains craignent également les conséquences sur l'environnement des méthodes de forage utilisées.

La fracturation implique d'injecter de l'eau mélangée à du sable et à des produits chimiques dans des formations de schiste à des pressions élevées pour extraire du carburant. Les détracteurs de cette technologie craignent que les fluides utilisés lors de la fracturation ne pénètrent les nappes aquifères et les contaminent.

La possibilité d'installer des puits de gaz de schiste dans la région de Dobroudja, la principale région productrice de grains, suscite des protestations toujours plus fortes de la part des écologistes qui souhaitent préserver les sources d'eau potable et les terres.

Ils pensent que la fracturation pourrait entraîner des tremblements de terre et causer des cancers et d'autres maladies aux personnes vivant près des puits.

Le gouvernement a tenté d'apaiser les craintes de la population en affirmant que les tests réalisés pour le gaz de schiste étaient différents du forage traditionnel.

Sous la pression des associations de défense de l'environnement, il a cependant décidé de demander une analyse d'impact avant de réaliser les tests, après avoir consulté la Commission européenne.

La Roumanie et la Serbie, deux pays voisins, prévoient eux aussi de réaliser des tests et la Pologne devrait démarrer sa production de gaz de schiste en 2014-15.

L'impact de l'exploration visant la production de gaz de schiste, qui a révolutionné le secteur du gaz naturel aux Etats-Unis, est examiné de près partout dans le monde.

Des professionnels de la santé publique aux Etats-Unis ont récemment réclamé des études rigoureuses sur les effets sur la santé.

La France a interdit la fracturation en juillet dernier et la Grande-Bretagne a suspendu les excavations profondes près de Blackpool suite à des secousses mineures ressenties au printemps précédent.