Malte veut réviser sa législation sur l’avortement
Le Premier ministre maltais, Robert Abela, a déclaré dans une interview accordée aux médias locaux que la loi maltaise sur l’avortement, actuellement la plus restrictive d’Europe, devrait être révisée dans les mois à venir.
Le Premier ministre maltais, Robert Abela, a déclaré dans une interview accordée aux médias locaux que la loi maltaise sur l’avortement, actuellement la plus restrictive d’Europe, devrait être révisée dans les mois à venir.
En vertu de la loi actuelle, il est illégal pour une femme d’avorter ou de subir une procédure susceptible de déclencher un avortement, quelles que soient les circonstances et même si sa vie est en danger. La situation a connu un tournant cet été lorsqu’une Américaine enceinte, en vacances dans l’État insulaire catholique, a été victime d’une fausse couche, mais s’est vu refuser une interruption de grossesse.
Après de nombreuses négociations avec les autorités, elle a finalement été transportée par avion en Espagne pour y subir l’intervention. L’incident a toutefois suscité un vif débat dans le pays.
Interrogé par le Times of Malta sur l’éventualité d’une dépénalisation ou d’une légalisation dimanche (6 novembre), M. Abela a déclaré : « Nous présenterons un amendement à la loi dans les prochains jours. »
Le Premier ministre travailliste a rappelé le cas de l’Américaine et la façon dont cette affaire a suscité des réactions négatives dans les médias maltais. Il a également déclaré qu’en dépit des lois, de nombreux médecins prennent la décision d’interrompre la grossesse si la vie de la mère est en danger, mais qu’il s’agit d’une zone grise juridique.
« Dans les cas où la vie de la mère est en danger, les médecins décident entre eux de procéder à une interruption de grossesse – malgré la loi ». Des changements légaux sont donc à l’étude au sein du ministère de la Santé maltais, qui devraient notamment expliquer que les médecins auront le droit d’interrompre la grossesse d’une femme dont la vie est en danger, sans aucune répercussion judiciaire.
« Bien entendu, la mère sera également protégée des poursuites », a ajouté le Premier ministre.
Actuellement, selon la loi maltaise, si une interruption de grossesse est suspectée, la femme et le médecin peuvent faire l’objet de poursuites pénales.
M. Abela a toutefois nié qu’il s’agissait d’une forme de dépénalisation de l’avortement.
M. Abela a reconnu que jusqu’à 400 femmes maltaises avortent chaque année grâce à l’utilisation de comprimés acquis à l’étranger.
« Et toutes ces femmes m’ont dit la même chose : qu’elles avaient été stigmatisées et qu’aucune d’entre elles n’avait trouvé un quelconque soutien. Elles m’ont dit que si elles souffraient de complications, elles ne pouvaient pas se rendre dans une clinique ou un hôpital de peur d’être emprisonnées. »
Sur dix ans, cela pourrait représenter quelque 4000 personnes. Selon le Premier ministre, un tel chiffre ne peut être ignoré.
Si M. Abela reste ferme quant au fait que le programme sur lequel son parti a été élu ne lui permet pas de légaliser l’avortement, les dernières annonces laissent espérer une évolution des mentalités au sein de la scène politique maltaise.