Malte sous le feu des critiques pour avoir refoulé des migrants en Méditerranée

Malte est à nouveau sous le feu des critiques d’une coalition d’organisations de défense des droits de l’homme pour avoir renvoyé des migrants vers des pays tiers, mettant ainsi en danger la vie de ceux qui voyagent par la mer et violant le droit international.  

Euractiv.com
Ministerial Meeting on Migration in Malta
Les dernières critiques en date concernent 23 personnes qui ont été envoyées en Égypte après avoir passé quatre jours dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte dans des conditions météorologiques défavorables, avec peu de nourriture et d’eau, ce qui, selon les ONG, a délibérément mis leur vie en danger.  [EPA-EFE/DOMENIC AQUILINA]

Malte est à nouveau sous le feu des critiques d’une coalition d’organisations de défense des droits de l’homme pour avoir renvoyé des migrants vers des pays tiers, mettant ainsi en danger la vie de ceux qui voyagent par la mer et violant le droit international.  

L’île est depuis longtemps au cœur de la question migratoire, des milliers de migrants quittant chaque année l’Afrique du Nord pour rejoindre l’Europe à proximité de ses eaux. Le pays a toutefois été critiqué pour avoir ignoré les appels à l’aide, retardé les missions de recherche et de sauvetage et repoussé les migrants vers des pays comme la Libye où ils sont en danger de mort.

Les dernières critiques en date concernent 23 personnes qui ont été envoyées en Égypte après avoir passé quatre jours dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte dans des conditions météorologiques défavorables, avec peu de nourriture et d’eau, ce qui, selon les ONG, a délibérément mis leur vie en danger. 

« Il s’agit d’une pratique courante des autorités maltaises pour éviter d’avoir à s’engager elles-mêmes dans une opération de sauvetage et pour empêcher les arrivées à Malte, comme l’ont constaté et documenté dans plusieurs cas les organisations civiles de recherche et de sauvetage », indique la déclaration conjointe de Alarm Phone, Medicins Sans Frontières, Sea Watch et Mediterranea Saving Humans.

La déclaration ajoute : « En tant qu’organisations engagées dans des activités de recherche et de sauvetage (ARS) en mer, nous dénonçons le transfert forcé de ces 23 personnes vers l’Égypte et réclamons des conséquences aux violations flagrantes du droit maritime et international par Malte. » 

En dépit d’un appel de détresse lancé le 22 septembre, Malte a mis quatre jours à répondre, et seulement en donnant l’ordre à un navire marchand de venir récupérer les migrants. Ces derniers ont ainsi été envoyés en Égypte, et non en Europe.

Cette déclaration intervient quelques jours seulement après la divulgation d’un audit interne confidentiel de l’agence de surveillance des frontières de l’UE, Frontex, réalisé par l’agence anti-fraude OLAF. L’audit a révélé la dissimulation de refoulements illégaux de demandeurs d’asile de la zone de recherche et de sauvetage de Malte vers la Libye. 

Le rapport fait état d’un incident au cours duquel quatre bateaux transportant environ 250 migrants ont été repérés dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte en avril 2020. Alors qu’un bateau a vraisemblablement été remorqué vers l’Italie par les autorités maltaises, un autre a été repoussé vers la Libye. À son arrivée à Tripoli, cinq des personnes à bord étaient mortes et sept autres s’étaient noyées.

Le rapport indique que « les autorités maltaises n’ont pas coopéré avec Frontex dans le cadre des opérations de recherche et de sauvetage, et n’ont pas fourni à Frontex d’informations sur la localisation exacte des bateaux après leur détection. 

Le personnel de Frontex avait voulu signaler l’incident, mais celui-ci a été dissimulé par leurs supérieurs.

EURACTIV a précédemment relaté les expériences des migrants refoulés en Libye, comprenant le passage à tabac de femmes enceintes, la séparation d’enfants avec leurs parents, des viols, des agressions, des extorsions et des détentions arbitraires.