Malte continue de bloquer la politique de l'UE en faveur des droits sexuels
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont renforcé l’importance de l’égalité des genres dans la politique de développement. Mais la question des droits sexuels et reproductifs, et notamment du droit à l'avortement des femmes, bute toujours sur l’opposition maltaise.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont renforcé l’importance de l’égalité des genres dans la politique de développement. Mais la question des droits sexuels et reproductifs, et notamment du droit à l’avortement des femmes, bute toujours sur l’opposition maltaise.
L’égalité entre hommes et femmes au sein de la politique de développement de l’Union européenne devrait être plus ambitieuse pour la période 2016-2020.
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Le 26 octobre, les ministres européens en charge du développement ont validé l’approche de la Commission européenne sur ce sujet sensible. Au premier semestre 2016, la version définitive du plan d’action 2016-2020 en faveur de l’égalité homme/femme devrait être adopté.
Égalité homme/femme
Le 22 septembre, la Commission européenne a présenté un document de travail genre pour la période 2016-2020, une stratégie qui vise à promouvoir l’égalité homme/femme et le respect des droits sexuels et reproductifs dans la politique de développement de l’UE.
« La décision d’adopter des plans d’action genres renforcera l’engagement de l’Europe en faveur de l’émancipation de femmes et des filles et de l’égalité et rendrait nos projets et programmes plus concrets et ciblés » s’est félicité le commissaire européen en charge du développement, Neven Mimica.
>>Lire : Bruxelles défend l’aide au développement concernant l’avortement
Dans ses conclusions, les ministres ont adopté les quatre objectifs principaux, parmi lesquels figure l’objectif d’assurer aux filles et aux femmes une intégrité physique et psychologique.
Droit à l’avortement
Si la Commission ambitionnait d’inclure une référence explicite au droit à l’avortement, le document de travail ne va en fait pas si loin, mais plaide très clairement pour « la promotion, la protection et le respect du droit de chaque individu de décider librement et en toute responsabilité sur les sujets touchants à leur sexualité et à leur santé sexuelle et reproductive, en étant libre de toute discrimination, contrainte ou violence » souligne le texte.
Mais si le consensus sur l’importance de cette politique est large parmi les États membres, la question des droits sexuels et reproductifs crispe toujours un certain nombre d’États membres, Malte en premier lieu.
Réserve de Malte
« Il y a eu une réserve de la part de Malte lors du Conseil. Les autorités maltaises ont d’ailleurs écrit un courrier pour motiver leur position » explique une source française.
En effet, la question des droits sexuels et reproductifs recouvre également le thème de l’avortement, qui reste interdit par la loi dans plusieurs pays européens, voire criminalisés par le Code pénal, comme c’est le cas à Malte. La Hongrie et la Pologne font également partie des pays frileux sur la question.
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A l’inverse, un certain nombre de pays européens, tels que la France, la Suède ou les Pays-Bas défendent une politique plus ambitieuse de la part de l’UE sur la question des droits sexuels et reproductifs. « La présidence néerlandaise de l’UE qui prendra la suite du Luxembourg en janvier 2016 devrait d’ailleurs pousser en faveur de l’adoption d’un agenda ambitieux » détaille une source française.
Droits sexuels et reproductifs
La question des droits sexuels et reproductifs, en particulier des femmes, reste un des enjeux fondamentaux de la politique de développement. Aujourd’hui, 222 millions de femmes dans le monde n’ont aucun contrôle sur leurs droits sexuels et reproductifs, selon l’Organisation mondiale de la santé. Une absence de contrôle qui coute la vie de 130 femmes chaque jour dans le monde, qui décent des suites ou des complications d’un avortement illégal.
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Ce sujet « tabou » pour de nombreux pays n’était pas pris en compte pris en compte dans la définition des Objectifs du millénaire pour le développement, où seul l’accès à la contraception figure dans les moyens de lutte contre les décès liés à la grossesse. Il ne l’est toujours pas dans les nouveaux objectifs de développement durable.