Malgré un scandale de corruption, Huawei continue d’influencer les normes européennes sur l’IA
Le géant chinois des télécommunications participe activement à la rédaction des normes de l’AI Act, ont confirmé les organismes de normalisation responsables à Euractiv.
Plusieurs mois après les révélations concernant le scandale de corruption du « Huawei-gate », le géant chinois des télécommunications reste activement impliqué dans la rédaction des normes techniques du règlement sur l’IA (AI Act) de l’UE, ont confirmé à Euractiv les organismes de normalisation responsables.
Des sources proches du processus assurent que Huawei participe « de manière constructive » à l’élaboration des normes, contrairement à d’autres entreprises, malgré la suspension officielle de tout contact direct entre l’entreprise et la Commission européenne.
Depuis le printemps, le parquet belge enquête sur plusieurs personnes, dont d’anciens employés de Huawei, soupçonnées de corruption, de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle. Huawei n’a pas été inculpé, mais a reconnu que deux salariés avaient enfreint la loi et ont été licenciés. L’entreprise dit coopérer « pleinement » avec les autorités judiciaires.
En réponse, la Commission et le Parlement ont inscrit sur une liste noire les représentants de Huawei, leur interdisant l’accès à leurs bâtiments.
« À l’heure actuelle, toutes les réunions et tous les contacts directs avec Huawei sont suspendus du côté de la Commission », a confirmé un porte-parole de la Commission à Euractiv.
Les fonctionnaires de l’exécutif européen et les représentants de Huawei continuent néanmoins de participer au processus d’élaboration des normes de l’AI Act, selon plusieurs personnes au fait des discussions.
La porte-parole de la Commission n’a pas répondu lorsque Euractiv lui a demandé si cette activité signifiait qu’il y avait toujours des contacts avec le géant technologique chinois. Elle a souligné que la participation de l’industrie était garantie par les organismes de normalisation CEN-CENELEC, et non par la Commission.
Un porte-parole du CEN-CENELEC a confié à Euractiv que les experts de Huawei sont enregistrés en tant que participants au comité responsable de l’élaboration des normes de l’AI Act, mais a ajouté qu’aucun de ses employés n’occupe de poste de direction officiel.
Il a également insisté sur le fait que les organismes de normalisation n’ont adopté aucune restriction spécifique à l’égard de l’entreprise à la suite du « Huawei-gate ».
Huawei n’a pas répondu à notre demande de commentaires avant la publication de cet article.
Outre Atlantique, l’administration du président américain Donald Trump a intensifié la pression sur Huawei concernant son implication dans l’élaboration des normes ou, comme l’a écrit la Chambre des représentants américaine dans une lettre datée du 14 septembre, sa « mainmise sur des organismes de normalisation essentiels afin de promouvoir la vision de Pékin d’un contrôle autoritaire de l’Internet ».
Aux États-Unis, les inquiétudes portent principalement sur Futurewei, une filiale de Huawei dont l’un des employés préside les travaux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) sur l’IA.
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(asg)