Malgré les scandales, Pedro Sánchez écarte l’idée d’élections anticipées

Le Premier ministre Pedro Sánchez a confirmé qu’il ne comptait pas convoquer d’élections anticipées, malgré les scandales qui secouent son parti. Il a annoncé lundi 16 juin un vaste « nettoyage » interne du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

EURACTIV Espagne
The Government Announces Measures After The Blackout In Its Appearance In Congress.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. [Getty Images/Fernando Sanchez_Europa Press ]

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a confirmé qu’il ne comptait pas convoquer d’élections anticipées, malgré les scandales qui secouent son parti. Il a annoncé lundi 16 juin un vaste « nettoyage » interne du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), à l’issue d’une réunion exceptionnelle de la direction du parti.

Réunis pendant plus de cinq heures, les cadres du PSOE ont planché sur les retombées d’un volumineux rapport de la Guardia Civil — 490 pages — qui met en cause des membres du parti dans un réseau de corruption aux pratiques qualifiées de mafieuses.

« Le PSOE est une organisation propre », a affirmé Pedro Sánchez après la réunion, tout en promettant des mesures pour répondre aux accusations.

Balayant l’hypothèse d’élections anticipées, il a assuré qu’il ne « remettrait pas le pays entre les mains de la pire opposition de l’histoire démocratique de l’Espagne », mais a néanmoins invité le chef de l’opposition, Alberto Núñez Feijóo (Partido Popular, PP), à présenter une motion de censure au parlement s’il le souhaitait.

Parmi les premières décisions annoncées, le chef du gouvernement a mis en place une direction intérimaire pour superviser la fédération régionale du PSOE impliquée dans le scandale, jusqu’au prochain comité fédéral du parti, prévu le 5 juillet. Il a également promis un audit externe des finances du PSOE.

Malgré cette ligne de « tolérance zéro » affichée par Pedro Sánchez, certains responsables socialistes ont réclamé des sanctions plus sévères, notamment l’expulsion du parti de toute personne impliquée dans le détournement de fonds publics.

Parmi les figures citées dans l’affaire figurent José Luis Ábalos, ex-ministre des Transports, et Santos Cerdán, secrétaire à l’organisation du parti et proche de Pedro Sánchez. Santos Cerdan a démissionné de son poste de député lundi, tandis que José Luis Ábalos n’a pas encore clarifié sa position.

À Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne a réitéré la position de l’UE en matière de lutte contre la corruption et a averti que des « mesures appropriées » seraient prises s’il était confirmé que des fonds européens avaient été détournés dans le cadre des scandales impliquant d’anciens ministres et hauts responsables du PSOE.

Pedro Sánchez devait se rendre mercredi 18 uin à New York pour assister à une conférence des Nations unies sur une solution à deux États pour la guerre qui oppose Israël et la Palestine. Cependant, la décision du président français Emmanuel Macron de reporter le sommet à la suite de l’attaque israélienne contre l’Iran signifie que Pedro Sánchez restera à Madrid et devrait s’exprimer devant le parlement.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]