Malgré la réélection de Napolitano, l’Italie est empêtrée dans une crise politique
En élisant une seconde fois Giorgio Napolitano à la présidence du pays, les grands électeurs ont surtout démontré l’impasse dans lequel se trouve la troisième économie de la zone euro.
En élisant une seconde fois Giorgio Napolitano à la présidence du pays, les grands électeurs ont surtout démontré l’impasse dans lequel se trouve la troisième économie de la zone euro.
Le président sortant Giorgio Napolitano, 87 ans, a été aisément réélu, samedi 20 avril, à la tête de l’Italie pour un deuxième mandat afin de tenter de sortir le pays de l’impasse politique dans laquelle il est plongé, depuis les élections parlementaires indécises de février.
Colère de Beppe Grillo
Lors de sa première déclaration depuis sa réélection, le chef de l’Etat a répété que toutes les parties devraient assumer leurs responsabilités dans les jours à venir.
« J’espère fortement que dans les prochaines semaines, et à partir des jours à venir, toutes les parties assumeront leurs devoirs dans le but de consolider les institutions de l’Etat », a-t-il dit.
Le mandat de Giorgio Napolitano s’achevait le 15 mai.
Sa désignation par 738 des 1 007 grands électeurs (députés, sénateurs et représentants des régions) au terme d’un sixième tour de scrutin a provoqué la colère de Beppe Grillo.
Le chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) a évoqué un « coup d’Etat » et appelé à une manifestation dans la soirée devant le palais de Montecitorio.
« Il y a des moments décisifs dans l’histoire d’une nation », a déclaré l’ancien humoriste sur son blog dans un message intitulé « Appel aux Italiens ».
Ses propos ont été critiqués par le reste de la classe politique, certains comparant sa décision de manifester devant le Parlement à la « marche sur Rome » de Benito Mussolini avant sa prise de pouvoir en 1922.
Vers une grande coalition ?
Giorgio Napolitano, un ancien communiste, devrait maintenant s’engager sur la voie de la formation d’une grande coalition. En temps normal, la présidence de la République italienne est un poste en grande partie honorifique.
Mais, dans les périodes d’instabilité politique, il joue un rôle crucial en désignant la personnalité appelée à former le gouvernement et en détenant « l’arme atomique » de la dissolution du Parlement.
Jusqu’ici, la formule d’un gouvernement de grande coalition a été rejetée par le centre gauche, qui a remporté le plus de sièges au Parlement mais refuse de s’allier au centre droit emmené par l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi.
Toutefois, Giorgio Napolitano a le pouvoir de convoquer les électeurs une nouvelle fois aux urnes. La plupart des membres du centre gauche redoutant d’affronter de nouveau des élections, il se pourrait qu’ils se montrent aujourd’hui plus accommodants avec l’idée d’une alliance avec le « Cavaliere ».
On s’attend à ce qu’il démissionne d’ici un an, une fois la crise politique résolue, s’accordent à dire les commentateurs.
Le président de la Commission européenne s’est réjoui de l’élection de Giorgio Napolitano, dans un communiqué de presse.
Même son de cloche pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy qui a salué son sens du devoir.
Division de la gauche
Giorgio Napolitano avait longtemps exclu la possibilité de se représenter, invoquant son grand âge et le fait que jamais auparavant un président n’avait effectué deux mandats. Visiblement, l’aggravation de la crise politique en a décidé autrement.
Après l’échec des deux candidatures présentées par le Parti démocrate, dont la première, celle de l’ancien président du Sénat Franco Marini, soutenue par la droite berlusconienne et le pôle centriste formé autour de Mario Monti, le pays s’est retrouvé dans une impasse. La deuxième candidature, celle de Romano Prodi, n’a pas non plus fait le plein des voix de gauche.
Ce double échec a révélé l’ampleur des dissensions au sein même du Parti démocrate, plusieurs dizaines d’élus ayant voté contre ses consignes.
Prenant acte de ces revers, Pier Luigi Bersani a annoncé, vendredi 19 avril, qu’il démissionnerait de la tête du PD dès que serait élu le futur président de la République. Il fustigé la « trahison » d’une partie de ses troupes.