Malgré des divisions internes, la Belgique voit grand pour l'UE
La Belgique prend la tête de la présidence tournante de l'UE jeudi (1er juillet), au moment où l'unité du pays est en jeu et où les actuelles discussions pour un gouvernement de coalition visent à trouver une réforme interne décisive. Toutefois, les problèmes internes irrésolus n'empêchent en aucun cas les hommes et femmes politiques belges de voir les choses en grand pour l'Union, a découvert EURACTIV.
La Belgique prend la tête de la présidence tournante de l'UE jeudi (1er juillet), au moment où l'unité du pays est en jeu et où les actuelles discussions pour un gouvernement de coalition visent à trouver une réforme interne décisive. Toutefois, les problèmes internes irrésolus n'empêchent en aucun cas les hommes et femmes politiques belges de voir les choses en grand pour l'Union, a découvert EURACTIV.
Certains craignent peut-être pour l'unité de la Belgique, mais l'Europe ne doit pas s'inquiéter de la gouvernance belge de l'UE pendant les six prochains mois.
Tel est le message répété à plusieurs reprises ces jours-ci aux médias bruxellois par les hommes et femmes politiques belges les plus haut placés.
Bien que la date officielle prévue pour la formation du gouvernement soit en septembre, les fonctionnaires belges admettent que le pays pourrait continuer avec le présent gouvernement pendant la durée de la présidence européenne.
Tout est possible, a confié un ministre du gouvernement d'Yves Leterme à EURACTIV, en admettant que le timing de l'établissement d'un nouveau cabinet pourrait être surprenant à d'autres égards.
La Belgique est le pays de René Magritte, a ajouté un fonctionnaire haut placé, faisant référence au peintre surréaliste belge, connu pour avoir représenté une pipe portant le message "Ceci n'est pas une pipe".
De manière humoristique, la célèbre peinture apparaît même sur le site Internet personnel de Didier Reynders, ministre des finances et président du parti francophone libéral MR (Mouvement Réformateur).
Les fonctionnaires belges soutiennent qu'aucune information n'a été filtrée concernant les pourparlers gouvernementaux en cours dirigés par le leader nationaliste flamand Bart De Wever. Cependant, ils supposent qu'un gouvernement ne pourra être formé qu'à partir du moment où un accord de base sera conclu sur les réformes étatiques internes qui ont forcé M. Leterme à résigner trois fois au cours des trois dernières années.
Les hommes et femmes politiques belges n'ont pas réussi à trouver un accord sur la redéfinition des circonscriptions électorales autour de la région de Bruxelles Capitale, ni sur le financement futur des services de soins de santé et d'aide sociale de la Wallonie francophone, que les flamands, plus riches, refusent de continuer à parrainer.
Les experts de la scène politique belge affirment que les deux problèmes peuvent être résolus.
Les formules de financement (des soins de santé et d'aide sociale) sont si complexes que personne ne peut les comprendre. Ceci est fait exprès et c'est mieux, a dit un ministre du gouvernement fédéral. Il a expliqué que ceci aiderait à sauver la face des deux côtés.
Toutefois, la scission du district électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) est perçue comme un jeu à somme nulle, ce qui ne rend pas les choses plus faciles.
Une autre initiative importante du type Laeken?
Les problèmes internes ne devraient cependant pas handicaper la Belgique dans sa gestion des affaires européennes, ont assuré plusieurs fonctionnaires. Avec un président de l'UE comme Herman Van Rompuy, la présidence espère tirer parti d'un travail d'équipe institutionnel qui impliquera aussi le Parlement Européen, a dit un ministre.
La présidence belge ambitionne de partir du travail du groupe de travail de ministres des finances de M. Van Rompuy, qui a pour but de définir un gouvernement économique pour l'Union et de lancer une initiative plus ample.
Je n'insiste pas sur les termes précis, mais nous visons à lancer une nouvelle convention, a dit un ministre. La convention a été lancée au sommet de Laeken de décembre 2001, sous la présidence belge précédente, et a mené à l'ébauche de la "Constitution" européenne, qui a plus tard été élargie pour devenir le Traité de Lisbonne.
Répondant à une question pour voir si effectivement il a en tête une initiative majeure du type Laeken pour établir un nouveau traité européen, le ministre a répondu qu'on pouvait le nommer ainsi. Il a également indiqué avoir une préférence pour que le budget européen soit basé sur ses propres ressources, une façon de parler de l'introduction d'une taxe européenne.
A ce stade, il paraît improbable que cette idée soit approuvée par les cercles européens. De plus, la participation de ce ministre au prochain gouvernement belge n'est pas certaine du tout.
Les ministres belges ont indiqué qu'ils n'étaient pas en faveur des mesures d'austérité du type de celles récemment introduites par le gouvernement allemand (EURACTIV 08/06/10), car elles pourraient entraîner une déflation.
Pendant que nous tentons de remédier à la maladie, il faudrait éviter que le pays ne meure guéri, a dit le ministre.