Madrid annule un contrat d’extension de réseau avec des équipements Huawei
Le ministère pour la Transformation numérique a annulé un contrat de près de 10 millions d’euros attribué à Telefónica pour étendre l’utilisation des équipements Huawei au réseau national universitaire et de recherche.
Le ministère espagnol pour la Transformation numérique a annulé un contrat visant à fournir, installer et assurer la gestion d’équipements de routage fabriqués par Huawei et exploités par Telefónica, rapporte le quotidien espagnol El País.
Ce contrat devait étendre les services de connectivité IP de RedIRIS-NOVA. RedIRIS-NOVA est un réseau dorsal en fibre optique de 16 000 kilomètres pour relier plus de 500 universités et centres de recherche à travers l’Espagne.
Les ministères de la Défense, de la Justice et de l’Économie, entre autres institutions, utilisent également ce réseau.
La gestion technique et opérationnelle de RedIRIS est supervisée par l’entité publique Red.es, affiliée au ministère du Numérique. Ce dernier a annulé l’appel d’offres de 9,8 millions d’euros pour des « raisons liées à la stratégie numérique et à l’autonomie stratégique », a confié un porte-parole du ministère à Euractiv.
Des « négociations confidentielles » avaient débuté en juillet et se sont conclues lundi.
Cette décision intervient alors que Huawei est déjà dans le viseur des Américains et de l’UE. Le mois dernier, des révélations ont fait surface concernant un contrat présumé de 12,3 millions d’euros entre 2021 et 2025 pour le stockage par Huawei de données judiciaires sensibles issues d’écoutes téléphoniques pour le ministère de l’Intérieur. Les responsables américains et européens ont mis en garde contre les risques pour la sécurité et les fuites, ce que le ministère de l’Intérieur a démenti auprès d’Euractiv.
Les accords conclus avec Huawei ont mis en lumière les relations inhabituellement étroites entre Madrid et Pékin, alors que l’UE durcit sa position à l’égard de la Chine.
Cette controverse survient également à un moment délicat sur le plan politique pour le Premier ministre Pedro Sánchez et son parti, le Parti socialiste-ouvrier (PSOE), qui croulent sous les scandales.