Macédoine : le revers de l’OTAN pourrait compromettre sa candidature à l’UE [FR]
La mise en échec de l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN lors du sommet de l’alliance malgré l’intégration de ses voisins pourrait avoir des effets négatifs sur sa candidature à l’UE, selon un certain nombre de responsables politiques et d’experts. EURACTIV Roumanie a participé à la rédaction de ce rapport de Bucarest.
La mise en échec de l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN lors du sommet de l’alliance malgré l’intégration de ses voisins pourrait avoir des effets négatifs sur sa candidature à l’UE, selon un certain nombre de responsables politiques et d’experts. EURACTIV Roumanie a participé à la rédaction de ce rapport de Bucarest.
Alors que les dirigeants réunis lors du sommet de l’OTAN à Bucarest le 2 avril ont invité la Croatie et l’Albanie à rejoindre l’Alliance, la Grèce a utilisé son droit de veto pour bloquer la candidature de son voisin la Macédoine, sur la base d’un différend de longue date sur le « nom » du pays entre Athènes et Skopje.
Les responsables politiques grecs ont également déclaré que la Macédoine avait violé les relations de bon voisinage avec la Grèce et qu’elle ne méritait pas encore de devenir l’Alliance.
Mais le négociateur de la Macédoine dans les négociations avec la Grèce sur le différend du « nom », Nikola Dimitrov, a nié ces allégations. Suite au veto grec, il a déclaré à l’agence Associated Press « nous sommes punis non pas parce que nous ne remplissons pas les critères de l’OTAN, mais pour qui nous sommes. Nous sommes punis pour notre identité macédonienne ».
La Macédoine était déçue et résignée et a boycotté d’autres sessions du sommet le 3 avril. La sécurité a également été renforcée devant l’ambassade grecque à Skopje bien qu’il n’y ait pas de raison immédiate pour justifier de violent accès de colère contre la Grèce.
Le petit pays a, à plusieurs reprises, offensé la Grèce et la Bulgarie en s’appropriant des parties de l’histoire de la Grèce antique. Le fait que, récemment, l’aéroport de Skopje ait été baptisé « Alexandre le Grand » s’est notamment attiré les foudres d’Athènes, tout comme à de nombreuses occasions, la Bulgarie a dénoncé le fait que de grandes périodes de son histoire médiévale et contemporaine avaient été « adaptée » dans les livres macédoniens.
La territorialité est également un sujet à discussion. Le porte-parole bulgare pour le ministère des Affaires étrangères, Dimitar Tsanchev, a déclaré le 2 avril que la Bulgarie insistait pour que l’histoire, la culture et les autres faits liés à la zone géographique de la Macédoine soient respectés. Aujourd’hui, il y a trois Etats sur ce territoire, dont la Bulgarie, a-t-il ajouté.
Néanmoins, M. Tsanchev a également averti que le blocage de l’adhésion de la Macédoine impliquerait de retarder le processus d’intégration européenne et euro-atlantique.
La même préoccupation a été soulevée par plusieurs dirigeants européens. Avant le dîner à Bucarest, au moment de débattre la question de l’élargissement de l’OTAN, le Premier ministre Slovène Janez Jansa, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a mis en garde que si la Macédoine ne parvenait pas à obtenir une invitation à joindre l’OTAN, ce serait également un mauvais signe pour l’élargissement de l’UE.
De plus, un report de cette candidature encouragerait les mouvements radicaux et alimenterait l’instabilité dans les Balkans, a averti le Premier ministre albanais Sali Berisha, cité dans Reuters.
A Bruxelles, le 2 avril Le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a déclaré à la commission Affaires étrangères du Parlement qu’il n’existait aucun lien formel entre l’UE et l’OTAN concernant la candidature, mais qu’effectivement, de nombreux critères pour la candidature à l’OTAN chevauchent ceux de la candidature à l’UE.
La Macédoine espère entamer officiellement les négociations pour l’adhésion à l’UE cette année. Mais son plus récent rapport d’étape de la Commission européenne affirme que des tensions et des problèmes fréquents dans la création d’un dialogue constructif entre les principaux acteurs politiques a nui au fonctionnement des institutions politiques et a provoqué un ralentissement des réformes.
Le sommet a également porté un coup aux espoirs de la Géorgie et de l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, dans la mesure où les dirigeant ont refusé de leur accorder le statut de candidat officiel. Cependant, ils ont en effet reconnu que les deux pays deviendraient un jour membres de l’OTAN.