« Ma voix, mon choix » : Hadja Lahbib « très confiante » sur une réponse positive de la Commission
La Commission devrait se prononcer jeudi sur l'initiative « Ma voix, mon choix ».
Hadja Lahbib, responsable de l’égalité au sein de l’UE, a déclaré à Euractiv qu’elle était « très confiante » quant à la réponse positive de la Commission à l’initiative « Ma voix, mon choix ».
Cette initiative appelle la Commission européenne à garantir des soins d’avortement sûrs et accessibles aux femmes européennes qui n’y ont pas accès dans leur pays d’origine. La Commission doit se prononcer jeudi, lors de la réunion ordinaire du Collège, sur l’opportunité de donner son feu vert.
La proposition vise à améliorer l’accès à l’avortement sûr grâce à une série de mesures. L’une d’entre elles consisterait à créer un fonds volontaire permettant aux pays de l’UE d’aider les femmes à se rendre à l’étranger pour bénéficier de soins d’avortement si l’accès n’est pas garanti ou sûr dans leur pays d’origine.
La déclaration de Mme Lahbib intervient alors que le lobbying autour de ce dossier continue de s’intensifier à l’approche de la décision finale.
Mercredi matin, un groupe de 105 députés européens des groupes S&D, Renew, Verts, Gauche et PPE ont envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’avertissant des conséquences d’un rejet de l’initiative.
Si la Commission rejette l’initiative, les signataires ont averti qu’ils poursuivraient d’autres voies politiques et juridiques.
Les députés européens font valoir que le rejet d’une initiative qui remplit toutes les conditions prévues par les traités de l’UE – à savoir le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne – soulèverait de sérieuses questions quant au respect de la démocratie participative et à la coopération sincère entre les institutions.
« Cela signifierait également que les voix des citoyens peuvent être officiellement reconnues, mais politiquement ignorées », peut-on lire dans la lettre.
Lundi, l’organisation « My Voice, My Choice » a lancé une campagne de dernière minute, exhortant les citoyens à écrire à la Commission pour l’encourager à répondre favorablement à l’initiative.
Quelques semaines plus tôt, au Parlement européen à Strasbourg, le groupe ECR a déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire « C’est une vie, pas un choix » en opposition à l’initiative.
Cette action faisait suite à une action similaire du groupe La Gauche, qui soutient depuis longtemps l’initiative.
Les groupes conservateurs et d’extrême droite font notamment valoir que la santé – et les questions liées à l’avortement – relèvent de la compétence des États membres et non de celle de l’UE.
« L’objectif de l’initiative n’est pas d’harmoniser les législations nationales en matière d’avortement ni d’interférer avec les compétences des États membres en matière de réglementation de l’avortement », ont déclaré les 105 députés européens.