« Ma voix, Mon choix » craint le rejet par la Commission de l'initiative sur l'avortement

L'organisation a lancé une campagne d'e-mails de dernière minute pour influencer la Commission.

EURACTIV.com
« Safe Abortion Day » demonstration in Hamburg
Les participants à un rassemblement en Allemagne ont placé au sol une pancarte sur laquelle on peut lire « Mon corps, mon choix ». Sous le slogan « Maintenant plus que jamais ! Dépénalisez l'avortement », une alliance féministe avait appelé à manifester à l'occasion de la « Journée internationale pour l'avortement sans risque ». L'alliance réclame l'abolition de l'article 218 du code pénal allemand et la dépénalisation totale de l'avortement. En Allemagne, les avortements sont toujours punissables en vertu de l'article 218 du code pénal – ils ne sont exemptés de sanctions que sous certaines conditions. [Frank Molter/picture alliance via Getty Images]

L’association « My Voice, My Choice » craint que la Commission européenne ne rejette cette semaine l’initiative visant à garantir l’accès à l’avortement sécurisé dans toute l’UE et mène une dernière campagne de lobbying.

Selon nos informations, la Commission devrait décider jeudi de donner ou non une suite favorable à l’initiative citoyenne européenne (ICE) « My Voice, My Choice », qui créerait un fonds volontaire pour aider les femmes à obtenir un avortement dans un autre pays de l’UE si l’accès n’est pas garanti ou sûr dans leur propre pays.

« Les commissaires prennent leurs décisions à huis clos et ont refusé de nous rencontrer avant de finaliser leur décision. Nous avons maintenant reçu des informations non officielles : la Commission européenne a rédigé une réponse à My Voice, My Choice qui adopte une approche négative », a déclaré le groupe.

« Cela envoie le message que la Commission a l’intention de poursuivre son inaction, qu’elle continuera à détourner le regard pendant que les femmes souffrent et que leur santé et leur vie restent en danger », a ajouté l’organisation.

Interrogée à ce sujet, la Commission a confirmé qu’elle présenterait sa réponse « cette semaine afin de respecter la date limite du 2 mars ». Toutefois, « nous ne discuterons pas du contenu avant son adoption », a ajouté un responsable de la Commission européenne.

Afin de faire changer d’avis la Commission, « My Voice, My Choice » a lancé une opération de dernière chance, appelant les citoyens à contacter la Commission européenne par le biais d’une campagne par e-mail et à l’exhorter à agir.

« Il est encore temps d’agir. Nous pouvons encore convaincre la Commission européenne de changer d’avis et de dire oui », a écrit l’organisation.

Selon nos informations, la question doit être discutée lundi par plusieurs services de la Commission, et la décision finale – initialement prévue pour le 24 février – devrait désormais être adoptée par le collège des commissaires le 26 février.

Au cours des derniers mois, deux camps se sont affrontés à plusieurs reprises au sujet de cette initiative. La dernière confrontation a eu lieu au début du mois, lorsque le groupe ECR au Parlement européen a déployé une banderole s’opposant à l’initiative dans la salle du Parlement à Strasbourg.

Cette action faisait suite à une initiative du groupe de gauche au Parlement européen la veille, partisan de longue date de « My Voice, My Choice ».