M. Barroso : les socialistes concluent sur un désaccord [FR]
Une rencontre prolongée entre les meneurs européens socialistes et de centre-gauche qui s’est tenue hier (18 juin), juste avant le sommet européen, s’est soldée par des déclarations confuses. Alors que tous les premiers ministres de centre-gauche ont accepté de soutenir M. Barroso, les eurodéputés du groupe PSE semblent sur le point de voter contre lui.
Une rencontre prolongée entre les meneurs européens socialistes et de centre-gauche qui s’est tenue hier (18 juin), juste avant le sommet européen, s’est soldée par des déclarations confuses. Alors que tous les premiers ministres de centre-gauche ont accepté de soutenir M. Barroso, les eurodéputés du groupe PSE semblent sur le point de voter contre lui.
Comme certaines sources l’ont affirmé à EURACTIV, la rencontre des dirigeants des partis de centre-gauche, marquée par l’absence de deux des trois Premiers ministres des pays européens où le centre-gauche est au pouvoir sans faire partie d’une coalition (Royaume-Uni et Espagne), s’est achevée sur une controverse sur les causes de la lourde défaite du PSE aux récentes élections européennes (EURACTIV 08/06/09).
Alors que M. Zapatero était censé être bloqué par les manifestations des agriculteurs à l’extérieur du lieu de la conférence, son absence peut aussi s’expliquer par le fait que ces dirigeants ont de manière explicite soutenu la reconduction de José Manuel Barroso au poste de président de la Commission européenne pour un second mandat de cinq ans. Les experts expliquent que le PSE manque d’un candidat alternatif pour le poste de M. Barroso précisément en raison de la position de ces trois dirigeants.
Mais les deux Premiers ministres des partis de centre-gauche présents, le Bulgare Sergei Stanishev et le Hongrois Gordon Bainai, soutiennent aussi M. Barroso. Se confiant aux journalistes après la réunion, M. Stanishev a exprimé son soutien au candidat du PPE.
Il a fait beaucoup pour la Bulgarie et il a soutenu notre adhésion, même si certains cercles politiques y étaient opposés, a-t-il déclaré.
De manière ironique, M. Stanishev et Mircea Geoan?, dirigeant du parti social démocrate roumain, qui est l’un des deux piliers de la coalition gouvernementale du pays, se tenaient côte-à-côte avec le socialiste néerlandais Frans Timmermans, qui a appelé la Commission à envisager d’activer les clauses de sauvegarde contre la Roumanie et la Bulgarie (EURACTIV 18/06/09).
Pour sa part, Poul Nyrup Rasmussen, président du Part socialiste européen a vilipendé M. Barroso, déclarant qu’il n’était pas l’homme de la situation. Martin Schulz, que le groupe socialiste a réélu comme président pour les cinq prochaines années par la même occasion, a souligné ce qu’il a appelé les faibles résultats de M. Barroso pendant son mandat de cinq ans. Il a aussi exprimé son désaccord sur le programme de M. Barroso.
Questionné par EURACTIV sur la question de savoir comment ces positions pourraient s’accorder avec les points de vues des premiers ministres de centre-gauche qui soutiennent M. Barroso, M. Schulz a déclaré qu’ils avaient eu un « débat très ouvert » à propos de cette question. Il a ajouté que les positions nationales doivent être considérées dans une perspective particulière, puisque selon ses mots, il n’y a pas de majorité au Parlement européen en faveur de M. Barroso.
M. Schulz a aussi indiqué que les eurodéputés en provenance des pays dont les premiers ministres supportent M. Barroso voteraient contre lui, ajoutant que cela n’était pas une nouvelle en soi.
Le Parlement européen est une assemblée de parlementaires élus librement, ce n’est pas une assemblée d’ambassadeurs nationaux, a-t-il dit.