L'Ukraine et la défense du Royaume-Uni au cœur de la rencontre prochaine entre Keir Starmer et Donald Trump

Lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump prévue jeudi, le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait longuement s'attarder sur l’importance d’impliquer l’Ukraine dans les pourparlers de paix, face à la décision controversée de Donald Trump d’exclure le pays des discussions avec la Russie.

EURACTIV.com
Keir Starmer Returns to Downing Street After PMQs in London
Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, rentre à Downing Street après avoir assisté aux questions au Premier ministre (PMQ) à la Chambre des communes à Londres, Royaume-Uni, le 12 février 2025. [Wiktor Szymanowicz/Future Publishing via Getty Images]

Lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump prévue jeudi, le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait longuement s’attarder sur l’importance d’impliquer l’Ukraine dans les pourparlers de paix, face à la décision controversée de Donald Trump d’exclure le pays des discussions avec la Russie.

Dimanche, Keir Starmer et le président Emmanuel Macron se sont entretenus pour démontrer leur « leadership uni en faveur de l’Ukraine ».

Keir Starmer a également échangé avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, dimanche soir. Les deux hommes se sont accordés sur le fait qu’il ne doit y avoir « aucune négociation sur l’Ukraine sans l’Ukraine » et que l’Europe doit renforcer son soutien pour « assurer la sécurité européenne ».

Si le Premier ministre britannique a appelé à un engagement accru de l’Europe, il reconnaît aussi la nécessité du soutien des États-Unis, appelant récemment à un « filet de sécurité » américain comme seul moyen de « dissuader efficacement la Russie d’attaquer à nouveau l’Ukraine ».

Selon des sources officielles, Keir Starmer cherche à apaiser les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) en évitant de faire référence aux propos de Donald Trump, qui a qualifié le président ukrainien Volodymyr Zelensky de « dictateur », ainsi qu’à son accusation selon laquelle le Premier ministre britannique et Emmanuel Macron auraient fait preuve de complaisance dans leurs efforts pour mettre fin à la guerre.

Selon Downing Street, Keir Starmer informera Donald Trump des projets du parti travailliste visant à augmenter les dépenses de défense à 2,5 % du PIB britannique d’ici à 2030. Cependant, les conseillers doutent de la réalité d’une annonce avant la réunion.

La ministre de l’Éducation, Bridget Phillipson, a par ailleurs indiqué que l’objectif de 2,5 % s’avérait ambitieux, affirmant que les dommages causés par les conservateurs avaient affaibli les finances publiques.

« Mais soyons clairs, 2,5 % est un objectif ambitieux. Nous y parviendrons, mais c’est audacieux, et cela s’inscrit également dans le contexte des finances publiques qui, soyons honnêtes, ont été laissées dans un état désastreux par les conservateurs : un trou noir de 22 milliards de livres sterling, aucun plan crédible pour cette absurdité qu’ils prétendent avoir pour atteindre les 2,5 %. »

La réunion de Keir Starmer fait suite à l’annonce lundi du plus important ensemble de sanctions du Royaume-Uni envers la Russie depuis le début de l’invasion. Ces sanctions visent les chaînes d’approvisionnement militaires russes et les individus qui font profiter le Kremlin de leurs profits.

Bien que l’Ukraine restera sans aucun doute au centre des discussions jeudi, le Premier ministre devrait également tenter de persuader Donald Trump de ne pas imposer de droits de douane au Royaume-Uni, discuter de l’accord sur les îles Chagos et préciser le plan britannique pour la reconstruction de Gaza.

(sn)