L’UE va retirer les Émirats arabes unis de la liste des pays à haut risque de blanchiment d’argent

La Commission européenne prévoit de retirer les Émirats arabes unis de la liste des pays tiers présentant un risque élevé de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.

EURACTIV.com
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L’UE avait inscrit les Émirats arabes unis sur sa liste des pays tiers présentant un risque élevé de blanchiment de capitaux en mars 2023. [Getty Images/Sean Gallup]

La Commission européenne prévoit de retirer les Émirats arabes unis de la liste des pays tiers présentant un risque élevé de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, apprend-on dans un document interne.

Cette décision fait suite à celle prise en février 2024 par le Groupe d’action financière (GAFI), organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, de retirer les Émirats arabes unis de sa liste grise reprenant les pays « sous surveillance ».

Ce n’est pas la première tentative de retrait des Émirats arabes unis de la liste de l’UE : la Commission avait déjà proposé cette mesure l’année dernière, mais elle avait été rejetée par le Parlement européen.

Répondant aux préoccupations précédemment soulevées par le Parlement concernant la coopération judiciaire et répressive avec les Émirats arabes unis, la Commission reconnaît les progrès accomplis et déclare qu’elle « suivra de près la mise en œuvre de ces mesures dans le cadre du dialogue structurel continu avec les Émirats arabes unis ».

La Commission est chargée d’identifier les pays présentant des lacunes stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

L’UE avait inscrit les Émirats arabes unis sur sa liste en mars 2023. La liste actuelle de l’UE comprend 22 pays, dont le Nigeria, le Vietnam et l’Afrique du Sud. Elle a été mise à jour pour la dernière fois en décembre 2023.

L’inscription sur la liste des pays à haut risque de l’UE entraîne un contrôle financier plus strict de la part des institutions européennes, augmente le risque d’exclusion financière et expose les pays concernés à la pression internationale.

En avril, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est entretenue par téléphone avec Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis. Les deux dirigeants ont convenu d’ouvrir des négociations sur un éventuel accord de libre-échange.

Selon le document, la liste actualisée de l’UE verra également la suppression de la Barbade, de Gibraltar, de la Jamaïque, du Panama, des Philippines, du Sénégal et de l’Ouganda.

L’Algérie, l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Laos, le Liban, Monaco, la Namibie, le Népal et le Venezuela devraient être ajoutés.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]