L'UE va renforcer ses sanctions contre Moscou après l'échec des appels à un cessez-le-feu
L'UE s'est engagée mardi 13 mai à renforcer ses sanctions contre la Russie après que le Kremlin a ignoré l'ultimatum lancé par les Européens, qui exigeaient un cessez-le-feu de 30 jours en Ukraine.
L’UE s’est engagée mardi 13 mai à renforcer ses sanctions contre la Russie après que le Kremlin a ignoré l’ultimatum lancé par les Européens, qui exigeaient un cessez-le-feu de 30 jours en Ukraine.
« En l’absence de cessez-le-feu, nous envisageons effectivement de nouvelles sanctions », a expliqué Paula Pinho, l’une des porte-paroles de la Commission, face à la presse mardi.
Cette annonce intervient après que les dirigeants français, allemand, polonais et britannique ont menacé ce week-end Moscou de sanctions « massives » si le président russe Vladimir Poutine ne décrétait pas un cessez-le-feu avant minuit lundi. En réponse, le Kremlin a qualifié ces injonctions d’« ultimatum inacceptable ».
« On ne parle pas à la Russie sur ce ton », a réagi Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine.
Un 18e paquet de sanctions ?
Toute nouvelle mesure s’ajouterait au 17e paquet de sanctions de l’UE, qui devrait être approuvé mercredi 14 mai par les ambassadeurs des États membres à Bruxelles.
Les ministres européens des Finances sont allés plus loin, exhortant la Commission à proposer un 18e paquet de sanctions mardi.
« Tant qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu constant, fiable et durable et de négociations de paix réelles, justes et équitables, nous devons bien sûr envisager de renforcer le régime de sanctions », a déclaré le Lituanien Rimantas Šadžius avant une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.
Rimantas Šadžius a également proposé des mesures additionnelles pour « couper » le secteur bancaire russe du reste de l’économie mondiale et de lutter contre le contournement des sanctions via des pays tiers.
Elisabeth Svantesson, ministre suédoise des Finances, s’est fait l’écho des appels en faveur d’un nouveau paquet de sanctions. Elle a demandé que soient ajoutés à la liste les navires de la « flotte fantôme » utilisée par Moscou pour contourner le plafonnement des prix du pétrole imposé par l’Occident.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué lundi 12 mai que l’UE préparait actuellement un train de sanctions « particulièrement puissantes et massives » visant les secteurs de l’énergie et de la finance, qui seront imposées si aucun cessez-le-feu n’est conclu.
Ces sanctions seront « coordonnées » avec les États-Unis et pourraient inclure un droit de douane de 500 % sur les importations de pétrole russe, a précisé le ministre français.
Éviter le contournement des sanctions
Le 17e paquet comprend des interdictions de visa et le gel des avoirs des responsables gouvernementaux et des chefs d’entreprise russes. Il comprend également diverses restrictions à l’exportation et l’ajout de nouvelles entrées sur la liste de la « flotte fantôme » russe et des entreprises impliquées dans le contournement des sanctions déjà imposées.
Selon des diplomates européens, la relative faiblesse de ce paquet signifie qu’il est peu probable qu’il soit rejeté mercredi par la Hongrie et la Slovaquie, les États membres les plus pro-Moscou de l’Union européenne, qui restent fortement dépendants des importations énergétiques russes.
Des diplomates européens estiment que ce paquet, jugé relativement faible, pourrait éviter un veto de la Hongrie et de la Slovaquie, deux États membres proches de Moscou et fortement dépendants des importations d’énergie russe. Les sanctions européennes doivent en effet être adoptées à l’unanimité et sont renouvelées tous les six mois.
Un responsable européen a déclaré mardi que l’UE « travaillait activement » au sujet des « contournements » du régime de sanctions avant le vote sur le renouvellement des sanctions actuelles en juillet.
Cette escalade intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé, lundi, une rencontre en personne avec Vladimir Poutine, jeudi 15 mai en Turquie. Durant le week-end, le président russe s’était dit favorable à des « pourparlers directs » à Istanbul, sans condition préalable.
Des discussions avaient déjà eu lieu entre responsables russes et ukrainiens dans la capitale turque en 2022, sans succès. Chacune des parties s’était alors rejeté la responsabilité de l’échec des négociations.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]