L’UE va élaborer une nouvelle « doctrine » pour renforcer la sécurité économique
La Commission européenne développe une nouvelle « doctrine » pour renforcer la sécurité économique de l’Union européenne (UE) dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre la Chine et les États-Unis, a déclaré une haute fonctionnaire de la Commission jeudi 5 décembre.
La Commission européenne développe une nouvelle « doctrine » pour renforcer la sécurité économique de l’Union européenne (UE) dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre la Chine et les États-Unis, a annoncé une haute fonctionnaire de la Commission ce jeudi 5 décembre.
Sabine Weyand, cheffe de la direction générale du Commerce de la Commission (DG TRADE), a expliqué que cette doctrine proposerait une approche plus « coordonnée et cohérente » de l’examen des investissements directs étrangers (IDE) et des contrôles à l’exportation pour les biens à double usage — les biens qui ont des applications à la fois militaires et civiles.
« Dans le monde d’aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous permettre une approche fragmentaire ; nous avons besoin d’une action forte et coordonnée de l’UE. Cela se traduira par l’élaboration d’une doctrine sur l’utilisation de nos outils de sécurité économique », a affirmé Sabine Weyand lors d’un événement organisé par l’European Policy Centre à Bruxelles ce jeudi.
« [Nous devons] clarifier la manière de les appliquer, étant donné qu’ils ont tous leur propre logique et leurs propres objectifs, mais qu’ils doivent être déployés de manière coordonnée et cohérente pour atteindre nos objectifs », a-t-elle ajouté.
La directrice générale n’a pas précisé quand la nouvelle doctrine serait rendue publique. Elle a toutefois précisé que cela impliquerait « une approche de l’ensemble du gouvernement » dirigé par Maroš Šefčovič, le commissaire nouvellement approuvé pour le Commerce et la Sécurité économique.
L’annonce de la responsable de la DG COMM intervient alors que les capitales européennes craignent de plus en plus l’influence de la Chine sur des domaines stratégiquement sensibles de l’économie de l’UE et s’inquiètent de plus en plus de l’impact que pourrait avoir la rivalité géostratégique entre les États-Unis et la Chine sur l’Europe.
En janvier 2024, la Commission a dévoilé un paquet sur la sécurité économique, qui proposait une série de mesures visant à limiter le contrôle de Pékin sur les technologies européennes les plus sensibles.
« Nous devons renforcer les outils dont nous disposons et leur utilisation efficace », a affirmé Sabine Weyand jeudi. Elle a ajouté que cela impliquait de « faire aboutir les processus en cours pour réviser le règlement sur l’examen des IDE » et « une approche plus coordonnée au niveau européen sur les contrôles des exportations à double usage ».
Tout en soulignant l’importance d’avoir « une stratégie en place dans un monde où la rivalité entre les grandes puissances que sont la Chine et les États-Unis s’accroît », Sabine Weyand a insisté sur le fait que les tensions entre Washington et Pékin « ne sont pas le seul moteur de notre réflexion sur la sécurité économique ».
Elle a suggéré que cet élan était motivé par d’autres raisons essentielles, notamment la crise énergétique déclenchée par l’invasion complète de l’Ukraine par la Russie, les attaques hybrides présumées de Moscou sur les infrastructures de l’UE, et la politique intérieure américaine — en particulier, la récente réélection de Donald Trump, qui n’a jamais caché son protectionnisme.
« Lorsque des chaînes d’approvisionnement de longue date sont perturbées, lorsque nos technologies critiques sont prises en charge [par d’autres], lorsque nos infrastructures critiques sont ciblées, lorsque d’anciens partenaires deviennent tout à coup moins fiables, peu importe qui ils sont et pourquoi, alors nous devons être en mesure de réagir », a-t-elle déclaré.
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[Édité par Anna Martino]