L’UE tente d’apaiser les tensions entre le Kosovo et la Serbie
L’UE entend profiter du sommet de la Communauté politique européenne qui se tient ce jeudi (1er juin) en Moldavie pour s’attaquer aux tensions croissantes entre la Serbie et le Kosovo, qui menacent l’accord de normalisation des relations entre les deux pays des Balkans.
L’UE entend profiter du sommet de la Communauté politique européenne (CPE) qui se tient ce jeudi (1er juin) en Moldavie pour s’attaquer aux tensions croissantes entre la Serbie et le Kosovo, qui menacent l’accord de normalisation des relations entre les deux pays des Balkans conclu sous l’égide de l’UE.
Les tensions dans le nord du Kosovo entre les Albanais et les Serbes du Kosovo — ces derniers représentant une minorité de la population du pays, mais étant majoritaires dans le nord — ont débouché sur des violences ces derniers jours, ce qui a poussé l’OTAN à déployer 700 soldats de la paix supplémentaires dans la région.
S’adressant aux journalistes à Chișinău, le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell a déclaré qu’il avait exhorté le Premier ministre du Kosovo Albin Kurti en Slovaquie mercredi (31 mai) à jouer son rôle dans le désamorçage de la crise.
M. Borrell a indiqué qu’il espérait également transmettre le même message au président serbe Aleksandar Vučić en marge de la réunion de la CPE en Moldavie. Il rencontrera également séparément la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani.
« Nous devons procéder à une désescalade, […] nous devons désamorcer les tensions », a déclaré M. Borrell face aux journalistes mercredi soir.
« Les niveaux de violence que nous avons observés au début de cette semaine doivent cesser immédiatement. Sinon, la situation peut devenir très dangereuse », a-t-il ajouté.
L’escalade entre Belgrade et son ancienne province, laquelle a proclamé son indépendance en 2008, survient trois mois après que les deux parties sont parvenues à un accord sur la mise en œuvre d’un plan soutenu par l’UE visant à normaliser leurs relations.
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« Si les parties ne parviennent pas à désamorcer les tensions, il y aura des conséquences dans nos relations bilatérales », a ajouté M. Borrell, sans préciser quelles pourraient en être les modalités.
Selon EURACTIV, toutes les possibilités sont envisagées, que ce soit des sanctions politiques ou financières. Elles sont actuellement discutées avec les États membres.
Le dernier point de l’annexe de l’accord négocié par l’UE indique que « tout manquement à leurs obligations découlant de l’accord, de la présente annexe ou des accords de dialogue antérieurs peut avoir des conséquences négatives directes sur leurs processus d’adhésion respectifs à l’UE et sur l’aide financière qu’ils reçoivent de l’UE ».
Les dirigeants français et allemand ont également annoncé leur intention de rencontrer leurs homologues serbes et kosovars en marge du sommet en Moldavie.
À la suite des troubles survenus cette semaine dans le nord du Kosovo, au cours desquels 30 soldats de la force de maintien de la paix de l’OTAN (KFOR) ont été blessés lors de violents affrontements avec des Serbes protestataires, Washington a déclaré mardi (30 mai) que les États-Unis appliqueraient des sanctions à l’encontre du Kosovo, laissant entendre que le pays imputait les troubles aux autorités kosovares.
Washington a également annulé la participation du Kosovo à un exercice militaire mené par les États-Unis, baptisé Defender Europe 23. En outre, les États-Unis cesseront d’aider le Kosovo à acquérir la reconnaissance des pays qui ne l’ont pas encore reconnu et à s’intégrer dans les organisations internationales, en guise de sanction.
M. Kurti a réagi dans une interview accordée au Financial Times, confirmant que les États-Unis étaient « un ami, un allié et un partenaire principal ».
« J’accepte et je sais que sur le plan des approches adoptées nous avions une petite différence, mais honnêtement, je ne ressens aucune sorte de sanction [pour] le Kosovo […] c’est la bonne démarche », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il serait ouvert à une rencontre avec M. Vučić, si la réunion est facilitée par la médiation de Bruxelles.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]