L'UE somme la Grèce de moderniser ses radars aériens « obsolètes »

Après un incident survenu début janvier, les critiques à l'égard du gouvernement grec se multiplient en matière de transports, ravivant le souvenir du tragique accident ferroviaire de Tempi en 2023.

EURACTIV.com
Aircraft At Athens International Airport
Un avion Airbus A321neo d'Aegean Airlines aperçu devant la tour de contrôle. L'avion a été aperçu à l'aéroport international Eleftherios Venizelos d'Athènes (ATH), où l'on peut voir, entre autres installations, le terminal principal et la tour de contrôle du trafic aérien. L'AIA est la principale plaque tournante du transport aérien en Grèce, acheminant les passagers vers les îles grecques pendant les vols saisonniers pour les vacances d'été. Il s'agit du plus grand aéroport international de Grèce, desservant la capitale grecque, Athènes, avec 33,99 millions de passagers en 2025. [Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images]

La Grèce est dans le viseur de l’UE après un incident survenu début janvier qui a provoqué la mise hors service de la région d’information de vol (FIR) d’Athènes pendant plusieurs heures, et perturbé le trafic aérien. Un responsable de l’UE a sommé le pays de moderniser au plus vite ses systèmes radar et de communication aériens vieillissants.

La panne, qui s’est produite le 4 janvier, a mis hors service les communications radio utilisées pour le contrôle du trafic aérien dans la FIR, la zone chargée de gérer les avions entrant dans l’espace aérien grec. Les pilotes étant dans l’impossibilité d’établir le contact avec les autorités locales, l’incident a entraîné des annulations de vols, des retards généralisés, des pertes de bagages et une certaine confusion concernant les avions déjà en vol.

Les autorités grecques n’ont pas encore déterminé la cause précise du problème, mais elles ont exclu toute cyberattaque. La Commission européenne et Eurocontrol, une organisation chargée de la sécurité de la navigation aérienne, ont été informées le lendemain, selon Euractiv.

Un responsable européen familier avec le dossier a déclaré que, même si les vols en Grèce restent sûrs, cet incident a mis en évidence des lacunes de longue date.

Selon lui, la Grèce « n’a pas encore entièrement déployé des radars avancés pour remplacer les systèmes obsolètes » et n’a pas non plus mis en œuvre toutes les procédures de navigation fondée sur les performances (PBN) requises.

« Combler ces lacunes de toute urgence permettra de renforcer encore la sécurité », a ajouté le fonctionnaire.

En décembre 2025, Bruxelles a renvoyé la Grèce devant la Cour de justice de l’Union européenne pour une infraction liée aux règles PBN. Si Athènes ne se conforme pas, le pays s’exposera à de lourdes amendes.

Le ministre des Transports, Christos Dimas, doit se rendre mardi à Bruxelles pour s’entretenir avec des responsables de la Commission. La Commission insiste toutefois sur le fait que l’affaire judiciaire n’est pas directement liée à la panne de janvier.

Néanmoins, le responsable de l’UE estime que la panne « souligne une fois de plus la nécessité urgente pour la Grèce de moderniser son système de gestion du trafic aérien obsolète », qui n’est plus conforme à plusieurs exigences réglementaires de l’UE.

Sous pression

La pression nationale s’intensifie également. L’hebdomadaire To Vima a rapporté dimanche que des pilotes et des contrôleurs aériens avaient envoyé des lettres au ministère des Transports pour se plaindre de l’obsolescence des systèmes de communication.

Des problèmes de fréquence surviennent quotidiennement en raison de la vétusté des équipements, tandis que les émetteurs et récepteurs situés dans les zones montagneuses sont vieillissants depuis des décennies, a déclaré la contrôleuse aérienne Olga Toki.

Le vice-ministre des Transports, Konstantinos Kyranakis, a déclaré que le gouvernement était conscient que les systèmes ne répondent plus aux normes.

« C’est ce dont nous avons hérité », s’est-il défendu, sans expliquer pourquoi aucun progrès n’avait été réalisé depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel.

Un contrat signé sous l’ancien Premier ministre Alexis Tsipras pour l’installation d’un système de communication aéroportuaire moderne a ensuite été ignoré, tandis que le processus d’appel d’offres pour le remplacement des radars n’a toujours pas été lancé, a révélé une source proche du dossier à Euractiv.

Cet épisode a ravivé les critiques à l’égard du gouvernement en matière de transports sous la direction du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, ravivant le souvenir de l’accident ferroviaire de 2023 qui a coûté la vie à 57 personnes, avant lequel le gouvernement avait insisté sur la sécurité du réseau ferroviaire.

La Grèce a également fait pression pour obtenir le portefeuille des transports après les élections européennes de 2024. Le commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas, est resté silencieux jusqu’à présent concernant l’incident de la FIR.