L’UE se dote de sa première loi pour lutter contre les violences faites aux femmes
Le Parlement européen a définitivement adopté mercredi (24 avril), lors de sa dernière séance plénière, la directive européenne de lutte contre les violences faites aux femmes.
Le Parlement européen a définitivement adopté mercredi (24 avril), lors de sa dernière séance plénière, la directive européenne de lutte contre les violences faites aux femmes.
« Aujourd’hui, le Parlement a franchi les premières étapes pour faire de l’Europe le premier continent au monde à mettre fin à la violence à l’égard des femmes », a déclaré l’Irlandaise Frances Fitzgerald (Parti populaire européen, PPE), co-rapporteure de la commission des Droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM).
L’eurodéputée a salué un texte législatif « de grande portée », qui « permettra […] de protéger les victimes et de poursuivre les auteurs ».
La directive, adoptée à une large majorité (522 votes pour, 27 contre, 72 abstentions) entend notamment lutter contre le cyberharcèlement sexiste, les mutilations génitales ou encore les mariages forcés. Elle vise également à mieux protéger et aider les victimes et poursuivre les auteurs.
Proposée par la Commission européenne le 8 mars 2022, la directive a fait l’objet d’intenses débats lors des négociations entre le Parlement, le Conseil et la Commission — des discussions connues sous le nom de « trilogues ».
Au terme de ces négociations interinstitutionnelles, un accord provisoire avait été adopté. Cependant, pour que le texte entre en vigueur, il devait d’abord être approuvé par les eurodéputés et le Conseil de l’UE, où les États membres sont représentés.
Les Vingt-Sept se sont écharpés autour de la question de l’inclusion — ou non — du viol dans la directive. C’est finalement le non qui l’a emporté, notamment grâce au soutien de la France, de l’Allemagne, de la Pologne et de la Hongrie.
Si les ONG ont réclamé l’inclusion du viol dans la directive, elles ont tout de même salué l’adoption de la directive.
« L’adoption de cette directive marque une étape cruciale pour garantir la sécurité et la protection des femmes et des jeunes filles dans toutes les sphères de la vie, y compris en ligne », a déclaré Iliana Balabanova, présidente du Lobby européen des femmes, par voie de communiqué.
« Nous sommes immensément fiers de cette réalisation historique dans notre lutte permanente pour l’égalité entre les femmes et les hommes et l’éradication de la violence à l’encontre des femmes et des filles », a-t-elle ajouté.
Les États membres ont désormais trois ans pour mettre en place la directive.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]