L'UE publiera un nouveau plan d'action pour l'industrie sidérurgique le 19 mars
La stratégie de secours de l'Union européenne (UE) pour le secteur sidérurgique en difficulté sera connue très prochainement, la Commission européenne ayant annoncé mardi une date de publication au 19 mars.
La stratégie de secours de l’Union européenne (UE) pour le secteur sidérurgique en difficulté sera connue très prochainement, la Commission européenne ayant annoncé mardi une date de publication au 19 mars.
Cette annonce fait suite à la première réunion d’un dialogue stratégique entre la Commission européenne et les représentants de l’industrie sidérurgique, qui devrait contribuer à l’élaboration du plan à venir.
« Le dialogue d’aujourd’hui doit déboucher sur un plan adapté pour aider ce secteur à se décarboniser et à prospérer au niveau mondial », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué.
« Nous unissons nos forces pour présenter un argumentaire solide en faveur de l’acier fabriqué en Europe ».
De nouvelles garanties ?
Le nouveau plan d’action se concentrera sur la garantie que la production d’acier propre est commercialement viable, et sur la manière de faire face aux barrières commerciales et à la surproduction au niveau mondial, a étayé la Commission.
Selon Axel Eggert, directeur du groupe de lobbying de l’industrie sidérurgique européenne Eurofer, la Commission a indiqué à l’industrie qu’elle présenterait une proposition visant à remplacer les « mesures de sauvegarde de l’acier » actuelles d’ici à l’automne.
Les sauvegardes, qui devraient expirer en juin 2026, imposent un droit de douane de 25 % lorsque les importations dépassent les niveaux calculés sur les volumes historiques.
Axel Eggert a expliqué que son organisation souhaitait la mise en place d’un système similaire, mais adapté aux conditions du marché. « Le marché européen de l’acier a baissé de 30 millions de tonnes, mais les volumes importés sont les mêmes qu’auparavant. »
Le contexte
Le secteur de l’acier de l’UE est en grande difficulté en raison de la surcapacité mondiale, des coûts élevés de l’énergie et des droits de douane de 25 % récemment annoncés sur les importations d’acier aux États-Unis, qui devraient entrer en vigueur mercredi prochain.
Selon Eurofer, les mesures protectionnistes du président américain Donald Trump pourraient se traduire par la perte de 3,7 millions de tonnes d’exportations d’acier vers les États-Unis, et par une vague d’exportations d’acier bon marché en provenance d’autres pays, réorientées des États-Unis vers le marché de l’UE.
D’après Riccardo Nigro, du Bureau européen de l’environnement (BEE), ce bouleversement de calendrier souhaité par la Commission « reflète une tendance plus large et inquiétante : un agenda piloté par l’industrie qui met à l’écart les préoccupations sociales et environnementales ».
« Exclure la société civile des débats sur l’avenir de l’industrie européenne est inacceptable. La politique industrielle concerne tout le monde : elle ne peut pas être écrite par les entreprises, pour les entreprises », a encore commenté Riccardo Nigro dans un communiqué.
(sn)