L’UE presse ses membres de se préparer aux risques sécuritaires venant du Moyen-Orient

Magnus Brunner avertit que le conflit au Moyen-Orient « soulève des inquiétudes dans le domaine de la sécurité »

EURACTIV.com
Magnus Brunner, commissaire européen aux affaires intérieures et aux migrations, en février 2026 [Photo by Thierry Monasse/Getty Images]

La Commission européenne a averti que les gouvernements nationaux devaient redoubler d’efforts pour empêcher les terroristes en provenance du Moyen-Orient d’entrer dans l’UE et qu’ils ne parvenaient pas à protéger les infrastructures critiques.

« Alors que nous espérons tous une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient, nous devons nous préparer à tous les scénarios possibles », a écrit Magnus Brunner, commissaire européen chargé de la sécurité intérieure, dans une lettre adressée le 25 mars aux 27 ministres des Affaires intérieures de l’UE, dont la newsletter Rapporteur d’Euractiv a eu l’exclusivité.

Brunner a exhorté les pays à se conformer à une directive européenne de 2022 visant à protéger les éléments des infrastructures nationales, qu’il s’agisse des réseaux énergétiques ou des institutions financières, susceptibles de devenir des « cibles faciles » pour des attaques.

Le délai imparti aux gouvernements nationaux pour transposer la loi sur la résilience des entités critiques dans leur propre législation a expiré en 2024. Son objectif est de garantir que les pays renforcent la résilience de onze secteurs critiques, allant des soins de santé aux transports, afin qu’ils puissent se remettre sur pied en cas d’attaques.

« Un certain nombre d’États membres n’ont pas encore achevé la transposition, et pour ceux qui ont mis en place les lois, des défis subsistent en matière de mise en œuvre », a écrit l’ancien ministre autrichien des Finances.

Les gouvernements peinent également à mettre en œuvre la directive sœur, connue sous le nom de NIS 2, qui protège la cybersécurité des secteurs critiques.

Brunner a également averti que le nouveau système d’entrée/sortie (EES) de l’UE, destiné à enregistrer les données biométriques des voyageurs et qui doit être pleinement opérationnel d’ici vendredi, ne doit pas laisser de « failles de sécurité » si les pays ne parviennent pas à le mettre en service à temps. La grande majorité des pays devrait toutefois être en mesure de rendre l’EES opérationnel cette semaine.

Les administrations nationales devraient utiliser le système d’information Schengen pour signaler les personnes suscitant des inquiétudes en matière de sécurité, a déclaré Brunner. « Cela est particulièrement important dans le contexte du retour potentiel de combattants terroristes étrangers », a-t-il ajouté.

La Commission mettra 5 millions d’euros à disposition pour aider les pays à protéger les sites juifs susceptibles d’être la cible d’attaques terroristes, et « envisage d’augmenter » ce fonds, a indiqué Brunner.

Bien qu’il n’y ait pas eu « d’augmentation des flux migratoires vers l’UE » liée à la guerre en Iran, il a encouragé les pays à intensifier leurs préparatifs en vue du nouveau pacte migratoire de l’Union avant la date butoir de juin, soulignant que « le niveau de préparation varie d’un pays à l’autre au sein de l’UE ».

La Commission européenne a placé la sécurité au cœur de son nouvel agenda politique et a chargé son service diplomatique d’élaborer une nouvelle stratégie globale.

Claudie Moreau a contribué à cet article