L’UE prépare le terrain pour de nouvelles sanctions contre la Russie malgré le blocage du précédent paquet
Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE peinent à s’accorder sur le 19e paquet de sanctions, Bruxelles anticipe déjà une prochaine série de mesures économiques contre la Russie pour intensifier la pression sur Moscou.
LUXEMBOURG — « Les ministres ont clairement indiqué aujourd’hui qu’après le 19e paquet, nous devrions travailler sur le prochain paquet. Et ce ne sera pas le dernier », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors d’une conférence de presse lundi 20 octobre.
Proposé par la Commission européenne le mois dernier, ce 19e paquet prévoit notamment la suppression progressive des achats de gaz naturel liquéfié russe d’ici janvier 2027, soit un an avant l’interdiction parallèle prévue par les institutions européennes. Il vise également les entreprises indiennes et chinoises soupçonnées de contourner les sanctions, ainsi que la flotte fantôme de pétroliers russes échappant au plafonnement des prix du pétrole imposés par l’Occident.
L’Autriche a retiré ses objections le 17 octobre, et les ambassadeurs de l’UE poursuivront les discussions ce mardi soir (21 octobre). Les dirigeants européens espèrent faire pression sur le Premier ministre slovaque Robert Fico pour qu’il lève son veto lors du Conseil européen jeudi 23 octobre. Robert Fico lie son opposition à la suppression progressive du moteur thermique et pourrait exiger des concessions en échange de son soutien.
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a démenti que son pays bloque le 19e paquet en vue de la future rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump à Budapest.
« Nous n’avons pas l’intention de le bloquer », a-t-il assuré. « Nous avons réussi à supprimer toutes les mesures qui auraient été contraires à nos intérêts nationaux. »
Interrogé par Euractiv sur sa participation à la discussion sur la prochaine série de sanctions contre la Russie, Péter Szijjártó a répondu : « Je ne participe pas à des choses insensées », arguant que la politique de sanctions de l’UE a échoué car la guerre russe en Ukraine se poursuit.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsakhna, a expliqué à Euractiv qu’il souhaitait que les droits de douane sur les importations de pétrole russe soient pris en compte dans le cadre des prochaines mesures, soulignant que les droits de douane seraient plus faciles à imposer que les sanctions, car ils ne nécessiteraient pas l’unanimité des 27 États membres du bloc.
Margus Tsakhna a déclaré qu’il espérait qu’un accord sur le 19e paquet puisse être conclu jeudi, lors du sommet du Conseil européen à Bruxelles.
« Nous avons encore trop de pays qui consomment beaucoup d’énergie russe », a-t-il affirmé.
Nikolaus J. Kurmayer a contribué à la rédaction de cet article depuis Luxembourg.