L'UE prend acte du « réalisme » de Theresa May

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié mardi de « plus réaliste » que précédemment le discours prononcé par la Première ministre britannique, Theresa May, sur ses objectifs dans la future négociation de divorce avec l’Union européenne.

EURACTIV France avec l'AFP
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Première ministre britannique, Theresa May. [<a href="https://tvnewsroom.consilium.europa.eu/event/european-council-october-2016-day-2-5806446b7063a/european-council-roundtable-21-10-16#/gallery/27" target="_blank" rel="noopener">[European Council]</a>]

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié mardi de « plus réaliste » que précédemment le discours prononcé par la Première ministre britannique, Theresa May, sur ses objectifs dans la future négociation de divorce avec l’Union européenne.

« Triste processus, des temps surréalistes mais au moins une annonce plus réaliste sur #Brexit », a commenté M. Tusk sur son compte Twitter, assurant que l’UE à 27 était « unie et prête à négocier » dès que l’article 50 du traité de Lisbonne aura été déclenché.

Dans un discours très attendu, Theresa May a défendu une rupture « claire et nette », hors du marché unique, et appelé à un « nouveau partenariat équitable » qui ne serait pas un statut de membre partiel ou associé de l’UE.

>> Lire : Theresa May tire un trait sur la marché unique

De son côté, la Commission européenne a simplement indiqué qu’elle réagirait « aux positions et requêtes spécifiques du Royaume-Uni une fois que la procédure dite de l’article 50 sera lancée », selon son porte-parole, Margaritis Schinas, interrogé lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Le président de l’exécutif européen a été « briefé avec intérêt » sur les déclarations de Mme May, a seulement précisé le porte-parole, qui a renvoyé à un discours de M. Juncker prévu mercredi devant les eurodéputés à Strasbourg.

Le négociateur de la Commission européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a pareillement estimé que « seule la notification (de l’article 50) peut lancer les négociations », dans un message sur Twitter.

« Un accord sur un départ ordonné est un pré-requis pour un futur partenariat. Ma priorité est d’obtenir le bon accord pour EU27 (les 27 États membres restants de l’UE, ndlr). #Brexit », a écrit, en anglais, le Français, dans un autre tweet.

Une grosse facture

Theresa May a aussi prôné mardi une « mise en œuvre par étapes » pour éviter « un changement trop brutal » à l’issue des négociations de sortie.

Celles-ci, qui ont deux ans pour aboutir, commenceront avec le déclenchement de la procédure dite de l’article 50 du Traité de Lisbonne, que Mme May a promis d’ici fin mars.

Selon une source proche du dossier, l’équipe de négociation du Brexit côté UE a fait une première évaluation de la « facture de sortie » que devra acquitter Londres, évaluée « entre 55 et 60 milliards d’euros ».

Ce montant, que le Royaume-Uni « va essayer de faire baisser », inclut notamment des engagements budgétaires pluriannuels des Britanniques, des « restes à liquider » et la participation de Londres au paiement des retraites des fonctionnaires européens.

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker devaient chacun de leur côté s’entretenir par téléphone mardi après-midi avec la Britannique, « un appel de courtoisie », a précisé pour le second son porte-parole.

>> Lire : Theresa May rejette toute confusion dans les négociations du Brexit

Pour l’eurodéputé Guy Verhofstadt, le « référent Brexit » pour le Parlement européen, le discours de Theresa May a certes apporté un peu de « clarté », mais a aussi créé une « illusion ».

« L’illusion qu’on peut sortir du marché unique, sortir de l’Union douanière et qu’on peut choisir à la carte et toujours garder un certain nombre d’avantages », a expliqué M. Verhofstadt lors d’un point presse improvisé au Parlement.

« Nous n’accepterons jamais une situation dans laquelle il est préférable de se trouver en dehors de l’UE […] plutôt que d’être membre de l’UE », a-t-il asséné.