L’UE pourrait ne pas atteindre son objectif de livraison d’un million d’obus à l’Ukraine

L’industrie européenne de la défense doit accélérer sa production pour que l’Union atteigne son objectif de fournir un million d’obus à l’Ukraine d’ici mars, a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, lundi.

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Ukrainian Armed Forces FPV strike drone operators on Zaporizhia front line in Ukraine
Les États membres de l’UE se sont engagés à envoyer un million d’obus à Kiev d’ici fin mars 2024 afin d’aider l’Ukraine à résister aux forces armées russes, qui tirent dix fois plus d’obus que les forces ukrainiennes. [EPA-EFE/OLEG PETRASYUK ]

L’industrie européenne de la défense doit accélérer sa production pour que l’Union atteigne son objectif de fournir un million d’obus à l’Ukraine d’ici mars, a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, lundi (13 novembre).

Depuis avril, les pays européens ont fourni à l’Ukraine « 300 000 obus provenant de leurs stocks existants », a indiqué M. Borrell à des journalistes, alors que la date butoir d’un an pour honorer l’engagement d’envoyer un million d’obus à Kiev se rapproche.

« Nous sommes maintenant passés à la production [de munitions], les lignes [de production] ont commencé à fonctionner », a déclaré M. Borrell, tout en reconnaissant que l’Union européenne pourrait « ne pas atteindre [l’objectif] d’ici la fin de l’année ».

Les États membres se sont engagés à envoyer un million d’obus à Kiev d’ici fin mars 2024 afin d’aider l’Ukraine à résister aux forces armées russes, qui tirent dix fois plus d’obus que les forces ukrainiennes.

Dans le cadre d’un plan en trois volets pour sécuriser l’approvisionnement en munitions, les États membres de l’UE peuvent bénéficier des fonds de la Facilité européenne pour la paix (FEP) pour puiser dans leurs propres stocks (premier volet) et conclure des accords de marchés conjoints avec l’industrie pour l’achat de munitions (deuxième volet).

Le troisième volet, l’action de soutien à la production de munitions (ASAP), est un fonds destiné à aider les entreprises de défense de l’UE à augmenter leur production.

Contraintes

Toutefois, la résistance de l’industrie européenne à réorienter ses lignes de production pour approvisionner l’Ukraine plutôt que ses clients actuels et à investir dans des capacités de production supplémentaires pour une augmentation de la production à court terme a fait craindre aux diplomates et aux hauts responsables de l’UE que l’objectif d’un million de munitions ne soit pas atteint.

« Cela dépendra de la rapidité avec laquelle les contrats seront mis en œuvre et les usines produiront », a déclaré M. Borrell. « L’objectif est d’augmenter la capacité », a-t-il réitéré.

Actuellement, « une partie de la production est exportée — une solution consisterait à réorienter les exportations vers l’Ukraine », a expliqué le chef de la diplomatie, appelant les entreprises à suspendre les contrats avec leurs clients afin de favoriser ceux qui sont destinés à l’Ukraine.

« Nous constatons que la production s’est accélérée, mais les contraintes de production sont omniprésentes », a-t-il reconnu.

« Lorsque nous voulons produire davantage, nous avons besoin de plus de machines et de former du personnel, ce qui prend du temps. Il faut également trouver de la poudre et des explosifs, qui sont rares en Europe », a-t-il poursuivi.

Les ministres de la Défense de l’UE doivent se réunir à Bruxelles ce mardi (14 novembre) pour discuter de la pénurie.

Ces derniers devraient par ailleurs demander aux banques d’accorder des prêts à l’industrie de la défense, afin de lever les obstacles à l’augmentation des investissements dans les capacités de production.

Malgré les difficultés, il n’y aura pas de révision de la date limite pour la livraison des obus à Kiev, M. Borrell ayant déclaré que l’UE « maintient cet objectif ».

Le délai d’un an a été imposé par l’Estonie lors des négociations de l’accord, afin de responsabiliser les pays de l’UE et de faire pression sur l’industrie pour qu’elle augmente sa capacité de production. D’autres pays étaient réticents à l’idée d’imposer une date butoir, car le non-respect de celle-ci pourrait être perçu comme un échec.

« Nous sommes allés loin, mais pas assez, et j’aimerais que cela aille plus vite », a déclaré la Première ministre estonienne Kaja Kallas lors d’un entretien accordé à RFI le mois dernier/

[Édité par Anne-Sophie Gayet]