L’UE « pleinement engagée » en faveur de l’accord avec le Mercosur, alors que la région est au centre de l’attention

L’Union européenne se dit « pleinement engagée » à faire avancer l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui est actuellement au point mort, et elle devrait le faire avant que « d’autres acteurs n’interviennent ».

Euractiv.com
European Investment Forum in Montevideo
S’exprimant lors d’une visite à Montevideo en Uruguay, le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déclaré que « même pour la protection des écosystèmes, il vaut mieux avoir des obligations mutuelles que pas d’obligations du tout — un accord vaut mieux que pas d’accord ». [[EPA-EFE/Raul Martinez]]

L’Union européenne se dit « pleinement engagée » à faire avancer l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui est actuellement au point mort, et elle devrait le faire avant que « d’autres acteurs n’interviennent ». C’est ce qu’a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, lundi (24 octobre).

S’exprimant lors d’une visite à Montevideo en Uruguay, le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déclaré que « même pour la protection des écosystèmes, il vaut mieux avoir des obligations mutuelles que pas d’obligations du tout — un accord vaut mieux que pas d’accord ».

« Je suis intimement convaincu que cet accord est mutuellement bénéfique. Dans tous les accords commerciaux, vous gagnez, et vous perdez : vous perdez en protection, et vous gagnez sur le marché », a-t-il expliqué.

Ces derniers mois, les accords commerciaux de l’UE n’ont pas progressé. Si les négociations relatives aux accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, le Chili et le Mexique sont terminées, ils n’ont pas encore été signés.

L’accord avec Marché commun du Sud (Mercosur), le bloc commercial sud-américain, est bloqué depuis 2019 en raison de problèmes relatifs à la protection commerciale et à l’environnement du côté de certains États membres.

Ces dernières années, la France et le Brésil se sont opposés sur la question de la préservation de la forêt amazonienne et de l’accélération de sa destruction sous la présidence de Jair Bolsonaro.

Au plus tard, ce sera l’Espagne, qui doit assurer la présidence tournante du Conseil de l’UE de juillet à décembre 2023 et qui entretient traditionnellement des liens étroits avec l’Amérique latine, qui devrait sceller l’accord du Mercosur.

Pour entrer en vigueur, l’accord doit être ratifié par tous les États membres du bloc.

Les autres acteurs

Josep Borrell a appelé les États membres du Mercosur et l’UE à sceller leur accord, avertissant que les problèmes qui pourraient survenir si un accord n’est pas finalisé « feront intervenir d’autres acteurs économiques ».

« Inutile de les citer, vous savez de qui je parle […]. Je pense que les Européens ont intérêt à faire preuve d’une plus grande volonté pour que l’accord aboutisse enfin », a-t-il déclaré.

L’Uruguay négocie actuellement un accord de libre-échange bilatéral avec la Chine malgré la forte opposition de l’Argentine et du Paraguay, ce qui a porté un coup aux liens au sein du bloc sud-américain.

La stratégie de l’Amérique latine

Alors que l’agenda de la politique étrangère de l’UE devrait continuer à être dominé par l’Ukraine et les retombées de l’invasion russe dans le pays, l’exécutif européen devrait dévoiler une série de nouvelles stratégies pour le premier semestre de l’année prochaine.

Les relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes devraient revenir à l’ordre du jour de l’Union, à un moment où celle-ci craint de perdre son influence dans la région en raison de l’échec des accords commerciaux.

Au début de l’été, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a transmis aux ministres des Affaires étrangères de l’Union une note appelant à un « saut qualitatif dans les relations » avec l’Amérique latine et les Caraïbes dans un délai de 18 mois.

L’Amérique latine, grand producteur de cuivre et de lithium, est également une source de minéraux essentiels pour la transition énergétique verte de l’Union européenne.

Ce nouvel élan en faveur de la consolidation des relations s’inscrit dans un contexte où l’UE a commencé à prêter davantage attention à l’influence croissante de la Chine dans la région.