L’UE livre des patrouilleurs aux garde-côtes libyens malgré leurs liens avec des milices

L’UE a livré deux patrouilleurs à la Libye lors d’une cérémonie qui s’est déroulée jeudi dernier (22 juin) dans la ville sicilienne de Messine.

Euractiv.com
epa05992314 African migrants, who were rescued by the Libyan coastguard in the Mediterranean off the Libyan coast, arrive at a naval base in Tripoli, Libya, on 26 May 2017. The Libyan navy said. ‘At least 20 boats carrying thousands of migrants on their way to Italy were spotted off the coast of the western city of Sabratha’  EPA/STR
Cette livraison a eu lieu malgré une série de rapports récents faisant état des liens entre les garde-côtes officiels libyens et les milices impliquées dans la longue guerre civile qui sévit dans cet État d’Afrique du Nord. [EPA-EFE/Stringer]

L’UE a livré deux patrouilleurs à la Libye lors d’une cérémonie qui s’est déroulée jeudi dernier (22 juin) dans la ville sicilienne de Messine en présence de fonctionnaires de la Commission européenne, des autorités italiennes et des garde-côtes libyens.

Selon un communiqué de presse publié vendredi (23 juin), cette livraison a eu lieu malgré une série de rapports récents faisant état des liens entre les garde-côtes libyens et les milices impliquées dans la longue guerre civile qui sévit dans cet État d’Afrique du Nord.

La livraison fait partie du projet de l’UE « Soutien à la gestion intégrée des frontières et des migrations en Libye », qui a pour objectif de « renforcer la capacité des autorités libyennes compétentes dans les domaines de la gestion des frontières et des migrations, y compris le contrôle et la surveillance des frontières, la lutte contre le trafic illicite et la traite des êtres humains, la recherche et le sauvetage en mer et dans le désert ».

L’Union a livré « deux navires de classe Currubia » qui, selon le journaliste de Radio Radicale Sergio Scandura, étaient d’anciens patrouilleurs de la Garde des finances (Guardia di Finanza), la police douanière et financière italienne.

Bruxelles a été fortement critiquée dans un rapport des Nations Unies publié fin mars, qui documente la collusion du « personnel de haut rang des garde-côtes libyens », de « l’appareil de soutien à la stabilité » et « la Direction de la lutte contre les migrations illégales », avec les trafiquants et les passeurs.

Selon le rapport, ces derniers « seraient liés à des milices, dans le cadre de l’interception et de la privation de liberté des migrants ».

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU, le premier trimestre 2023 a été le « plus meurtrier » depuis 2017, avec 441 migrants tués en tentant de traverser la route de la Méditerranée.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]