L’UE lance son projet de constellation de satellites IRIS2
La Commission européenne et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont approuvé lundi 16 décembre un budget d’un montant de 10,6 milliards d’euros réparti sur douze ans pour le projet de constellation de satellites de communication sécurisée IRIS2.
La Commission européenne et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont approuvé lundi 16 décembre un budget d’un montant de 10,6 milliards d’euros sur douze ans pour le projet de constellation de satellites de communication sécurisée IRIS2.
Le projet IRIS2, abréviation de « Infrastructure de résilience, d’interconnexion et de sécurité par satellite », a été présenté par l’ancien commissaire au Marché intérieur également chargé de l’espace, Thierry Breton, en 2022, comme une alternative européenne au géant américain Starlink d’Elon Musk — devenu l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’Internet par satellite.
La constellation devrait fournir des services sécurisés aux autorités gouvernementales et aux instances de l’Union européenne (UE), aux entreprises privées ainsi qu’aux citoyens européens, tout en garantissant un accès à Internet, notamment dans les zones blanches. Ses 290 satellites multiorbitaux permettront notamment des communications sécurisées dans des domaines clés tels que la défense, la diplomatie, la gestion des crises et la surveillance.
Si, lors de son approbation par les États membres et le Parlement européen, le lancement des premiers services était prévu pour 2024 et la pleine capacité opérationnelle pour 2027, le premier satellite IRIS2 devrait finalement être lancé en 2029, tandis que les services de connectivité gouvernementaux et commerciaux seront opérationnels en 2030.
La phase de passation des marchés s’est achevée en décembre et a pris plus de temps que prévu, car deux poids lourds de l’industrie spatiale, Airbus et Thales, ont refusé de signer pour moins de 12 milliards d’euros, comme le rapporte Politico.
Concrètement, les 290 satellites (264 satellites en orbite terrestre basse et 18 satellites en orbite moyenne) devraient être construits en 18 mois.
Une fois la constellation IRIS2 achevée, environ un sixième de la capacité totale de la constellation sera réservé à l’usage des gouvernements. D’ici là, certains États membres commenceront à partager leurs services dans le pôle GovSatCom (télécommunications gouvernementales par satellite) en 2025 — avant de les mettre en commun avec IRIS2 lorsqu’il sera pleinement opérationnel.
« Cette constellation à la pointe de la technologie protégera nos infrastructures critiques, connectera nos régions les plus reculées et renforcera l’autonomie stratégique de l’Europe », a déclaré Henna Virkkunen, commissaire à la Souveraineté technologique, lundi.
« IRIS2 témoigne de la détermination et de l’engagement de l’Union à renforcer la position mondiale de l’Europe dans le domaine spatial, tant sur le plan de la sécurité que de la compétitivité, au bénéfice de nos gouvernements, de nos entreprises et de nos citoyens », a pour sa part affirmé Andrius Kubilius, commissaire à la Défense et à l’Espace.
Concurrence spatiale
L’accord « accroît la résilience et l’autonomie de l’Union et de ses États, tout en renforçant leurs capacités de communication par satellite et en stimulant la compétitivité de l’industrie spatiale européenne », a commenté Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, lors de la signature du contrat.
Un total de 10,6 milliards d’euros est prévu pour le projet : 550 millions d’euros proviennent de l’ESA, environ 4 milliards d’euros de l’industrie privée et des opérateurs de télécommunications, et 2 milliards d’euros de la Commission européenne dans le cadre du budget septennal actuel (2021-2027).
Les fonds restants devraient provenir du prochain budget de l’UE (2028-2034).
Dans la course à l’espace, l’Europe est confrontée à une concurrence acharnée face à de grands pays tels que les États-Unis, la Chine et l’Inde. Par exemple, la société américaine Starlink exploite une constellation d’environ 7 000 satellites et a déjà lancé au moins 98 satellites pour la défense dans le cadre du projet Starshield de Washington.
L’industrie spatiale du continent a longtemps lutté pour montrer qu’elle pouvait suivre les progrès américains.
Le consortium industriel chargé d’IRIS2, baptisé SpaceRISE, comprend les opérateurs de réseaux satellitaires SES, Eutelsat et Hispasat, ainsi que des industries telles que Thales Alenia Space, l’allemand OHB, Airbus Defence and Space, ainsi que Telespazio, Deutsche Telekom, Orange, Hisdesat et Thales SIX.
Jacob Wulff Wold a contribué à la rédaction de cet article.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]