L'UE exhorte ses partenaires à contribuer à combler le déficit de financement de 30 milliards d'euros de l'Ukraine
Même si le prêt de 90 milliards d'euros de l'UE actuellement bloqué par la Hongrie était accordé, Kiev serait toujours confrontée à un déficit de financement important.
Bruxelles exhorte ses partenaires non membres de l’UE à contribuer à combler un déficit de financement de 30 milliards d’euros pour l’Ukraine, alors que le veto hongrois menace de faire échouer un prêt de 90 milliards d’euros accordé par l’UE pour soutenir Kiev au cours des deux prochaines années.
L’Ukraine aura besoin de 30 milliards d’euros supplémentaires de la part de ses partenaires extérieurs en 2026 et 2027, selon un document préparatoire au sommet des dirigeants de l’UE des 19 et 20 mars, rapporté pour la première fois par Bloomberg et consulté par Euractiv. Même si le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE actuellement bloqué par la Hongrie était accordé, Kiev serait toujours confrontée à un déficit de financement important.
« Le Conseil européen […] appelle à intensifier les efforts de sensibilisation auprès des pays tiers afin de contribuer à combler le déficit restant de 30 milliards d’euros dans les finances de l’Ukraine », indique le document.
Selon la Commission européenne, l’Ukraine aura besoin de 135 milliards d’euros d’aide budgétaire et militaire entre 2026 et 2027. L’UE attend des alliés occidentaux et des organisations internationales qu’ils contribuent à hauteur de 45 milliards d’euros à ce montant total, dont environ 15 milliards ont déjà été obtenus.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, favorable à Moscou, a refusé de signer le prêt de 90 milliards d’euros tant que l’Ukraine n’aura pas réparé l’oléoduc Druzhba, endommagé par les frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes pendant l’hiver.
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a ajouté à la pression mercredi en déclarant que si le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy ne permettait pas à l’huile d’être acheminée vers l’Europe, « il demandait l’arrêt du prêt de 90 milliards d’euros ».
Les dirigeants de l’UE, y compris Orbán, avaient accepté le prêt en décembre après qu’un autre plan visant à utiliser les actifs souverains russes gelés n’ait pas obtenu le soutien nécessaire. Orbán a depuis déclaré que l’incapacité de Kiev à réparer l’oléoduc l’avait incité à « reconsidérer » son soutien.
Zelenskyy a déclaré mercredi que la poursuite des attaques russes contre le système énergétique ukrainien signifiait que le gazoduc ne pouvait pas être réparé « aussi rapidement ».
Le document indique que l’UE vise toujours à verser le prêt « d’ici début avril », date à laquelle Kiev devrait être à court d’argent.