L’UE envoie la commissaire Hadja Lahbib en Syrie pour rencontrer les nouvelles autorités

La commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, a rencontré vendredi les nouveaux dirigeants syriens à Damas. Elle leur a fait part de la volonté de l’Union européenne (UE) de voir un gouvernement inclusif prendre le relais de la dictature de Bachar al-Assad.

EURACTIV.com
P065139-72995
Hadja Lahbib à Damas le 17 janvier 2025. [Service audiovisuel - Commission européenne]

BRUXELLES — La commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, a rencontré vendredi les nouveaux dirigeants syriens à Damas. Elle leur a fait part de la volonté de l’Union européenne (UE) de voir un gouvernement inclusif prendre le relais de la dictature de Bachar al-Assad.

Hadja Lahbib est la première personne à représenter la Commission européenne dans le pays depuis la chute du régime Assad, renversé par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC, Organisation de libération du Levant en français).

La visite de la commissaire fait suite à celle des ministres des Affaires étrangères français et allemand au début du mois. Elle intervient à un moment crucial pour la Syrie, alors qu’un nouveau gouvernement est en train de se mettre en place après des décennies de dictature.

Les attentes de l’Occident sont élevées.

« Il est important d’envoyer des messages, et nous sommes impatients de voir des changements qui permettront aux Syriens d’être reconnus dans toute leur diversité », a déclaré Hadja Lahbib, répétant le traditionnel message européen d’« inclusivité ».

Car l’UE ne veut pas d’un « Assad 2.0 ».

La Syrie est un pays où plusieurs religions cohabitent, mais où certaines franges de la société ont été discriminées durant des décennies. Depuis le déclenchement de la guerre civile en 2011, le pays a fait l’objet de sanctions économiques européennes.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE envisagent de réexaminer ces dernières lors d’une réunion prévue le 27 janvier. Le nouveau gouvernement sous le contrôle du HTC espère leur levée, mais certains pays européens sont réticents à prendre des décisions rapides.

Parallèlement, l’UE a décidé de se concentrer sur les besoins humanitaires du pays, en envoyant 235 millions d’euros pour aider les 17 millions de personnes dans le besoin et soutenir la reconstruction du pays.

« Nous aimerions commencer à apporter des secours », a ajouté la commissaire européenne. « Nous voulons reconstruire la coopération pour le développement avec les autorités de facto, afin d’améliorer les conditions de vie de la population ».

Depuis l’arrivée au pouvoir du groupe HTC, de nombreuses questions restent en suspens.

L’une d’entre elles concerne le rôle de la Turquie, qui a reçu des fonds de l’UE pour gérer les réfugiés syriens présents sur son territoire et où, selon Hadja Lahbib, se trouvent trois millions de personnes.

La commissaire a déclaré que les discussions sur l’avenir du financement de la Turquie n’avaient pas encore commencé, faisant référence à la possibilité que le rôle de la Turquie soit réduit si la plupart des Syriens rentraient chez eux.

« Il appartiendra à la Commission d’évaluer les besoins, et nous verrons si les conditions changent », a-t-elle indiqué.

[Édité par AB et LG]