L’UE doit réduire ses émissions trois fois plus vite pour atteindre ses objectifs climatiques
Pour atteindre l’objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, affirme que l’UE doit accélérer le rythme des réductions dans les secteurs du bâtiment, des transports et de l’agriculture.
Pour atteindre l’objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, affirme que l’UE doit accélérer le rythme des réductions dans les secteurs du bâtiment, des transports et de l’agriculture. The Guardian, média partenaire d’Euractiv, fait le point.
Consultez l’article original en anglais ici.
L’Union européenne doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre près de trois fois plus rapidement que ce qu’elle a fait au cours de la dernière décennie si elle veut atteindre ses objectifs climatiques, peut-on lire dans un rapport de la Commission européenne.
Afin de mettre un frein à la multiplication des évènements climatiques extrêmes, l’UE s’est engagée à réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.
Toutefois, au cours des trois dernières décennies, elle n’a réduit ses émissions que de 32 %, ce qui entraîne des « déficits importants » pour les sept prochaines années, constate la Commission dans son dernier rapport sur l’état de l’Union de l’énergie publié mardi (24 octobre).
Selon les nouvelles estimations de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), les politiques actuelles ne permettront de réduire les émissions que de 43 % d’ici 2030. Ce chiffre passerait à 48 % si l’on tenait compte des politiques prévues mais qui n’ont pas encore été mises en œuvre, ce qui représenterait tout de même un déficit de sept points de pourcentage par rapport à l’objectif initial.
« Pour réaliser ces objectifs dans leur intégralité, le rythme des réductions d’émissions doit s’accélérer », a déclaré le nouveau commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra.
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Bruxelles a également encouragé les technologies propres telles que les éoliennes et les panneaux solaires, comme le souligne le rapport, mais la Commission insiste sur le fait que la croissance des énergies renouvelables doit être beaucoup plus rapide qu’elle ne l’a été au cours de la dernière décennie.
En moyenne, la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique européenne a augmenté de 0,67 point de pourcentage chaque année pour atteindre 21,8 % en 2021. Pour atteindre l’objectif européen de 42,5 % d’ici à la fin de la décennie, il faudra donc une croissance beaucoup plus rapide dans les années à venir.
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Efforts nécessaires dans le bâtiment, les transports et l’agriculture
Les émissions diminuent progressivement, mais trois éléments ressortent, explique M. Hoekstra. « Premièrement, des réductions d’émissions significatives sont nécessaires dans les bâtiments et les transports. Les progrès dans ces secteurs ont été, au mieux, lents. Deuxièmement, il faut davantage de puits de carbone naturels. Dans certains endroits, les puits de carbone sont devenus une source d’émissions, ce qui est inquiétant. Troisièmement, nous devons réaliser des progrès beaucoup plus substantiels en matière de réduction des émissions dans l’agriculture », a-t-il affirmé.
M. Hoekstra, ancien employé de la société pétrolière Shell et du cabinet de conseil McKinsey, a également déclaré que les subventions aux combustibles fossiles étaient « inutiles » à la transition vers les énergies propres et a rappelé aux gouvernements des États membres qu’ils s’étaient engagés à s’en débarrasser.
La plupart des États membres de l’UE ont répondu à la crise énergétique en facilitant l’achat et la consommation de combustibles fossiles pour les particuliers et les entreprises. Les subventions à l’énergie se sont élevées à 123 milliards d’euros en 2022, et la moitié d’entre elles n’ont pas de date de fin prévue dans cette décennie, peut-on lire dans le rapport.
Lors du sommet de la COP28 qui se tiendra le mois prochain, l’Union européenne devrait faire pression en faveur d’une élimination progressive, à l’échelle mondiale, des combustibles fossiles sans dispositif d’atténuation — qui sont brûlés sans technologie de captage des émissions — ainsi que de certaines subventions.
Le commissaire européen a déclaré que les États membres avaient convenu, pour la COP28, « que les subventions aux combustibles fossiles qui ne contribuent ni à la lutte contre la pauvreté énergétique ni à la transition équitable devaient être supprimées le plus rapidement possible ».
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Ces derniers mois, plusieurs gouvernements européens ont tardé à prendre des mesures en faveur du climat, et ce en dépit des pressions exercées par Bruxelles. Seule une poignée d’États membres ont respecté le délai de juin fixé par la Commission pour la présentation de leurs projets de plans sur le climat et l’énergie, et trois des cinq plus gros pollueurs n’ont toujours pas présenté de plan d’action : l’Allemagne, la France et la Pologne.
Selon un récent rapport de la branche européenne du groupe de campagne Climate Action Network (CAN), les politiques décrites dans les projets déjà présentés ne sont pas suffisantes pour empêcher les températures d’augmenter de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Elles sont également trop faibles pour répondre aux objectifs de l’UE en matière de climat et d’énergie pour 2030.
Chiara Martinelli, directrice de CAN Europe, a appelé les gouvernements de l’UE à « être à la hauteur de l’ampleur du problème » dans leurs plans d’action. « Ce rapport met en évidence le contraste flagrant entre la demande urgente d’une action climatique accélérée et la lenteur des progrès sur le terrain. »
Cet article a été publié à l’origine dans The Guardian et est republié ici avec l’autorisation de l’auteur.
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