L'UE débat du moment opportun pour dévoiler sa nouvelle stratégie de sécurité
L'UE débat actuellement pour savoir si elle doit dévoiler sa nouvelle stratégie de sécurité avant ou après le sommet de l'OTAN prévu en juillet.
La branche diplomatique de l’UE diffuse actuellement parmi les pays membres un document dit « de cadrage » qui présente les grandes lignes de leur travail sur la future stratégie européenne de sécurité et sollicite leurs commentaires, ont déclaré trois responsables européens à Euractiv. Cependant, des désaccords subsistent quant à la date de publication de la version finale de la nouvelle stratégie.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait initialement évoqué la future stratégie de sécurité en janvier, affirmant qu’elle permettrait à l’UE de comprendre les « changements géopolitiques » actuels et d’y apporter une réponse appropriée. La version finale de la stratégie était vaguement prévue pour le premier semestre 2026.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent désormais examiner le document de cadrage le lundi 16 mars, dans le but de faire part de leurs commentaires au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et d’éclairer ses travaux sur la future stratégie.
La date exacte de publication de la stratégie est toutefois moins claire, a déclaré une source européenne à Euractiv.
« La question est de savoir si elle sera publiée avant ou après le sommet de l’OTAN qui se tiendra à Ankara les 7 et 8 juillet », a ajouté la source.
Le sommet de l’OTAN sera crucial pour les Européens, qui se sont engagés à consacrer 5 % de leur PIB national à la défense. Les membres européens de l’alliance militaire occidentale subissent la pression de leur allié américain, l’OTAN, pour renforcer leurs propres défenses et cesser de dépendre autant des garanties de sécurité de Washington.
Une deuxième source proche du document de cadrage de l’UE a déclaré que celui-ci demandait aux États membres comment l’UE pouvait réduire les dépendances stratégiques affectant sa sécurité.
En janvier, la Commission a déclaré que la nouvelle stratégie irait au-delà de la simple défense et inclurait d’autres secteurs stratégiques, tels que les puces électroniques, la cybersécurité et les matières premières, reflétant les discussions en cours sur la réduction des risques liés à Washington et Pékin.
D’autres questions incluses dans le document portent sur la manière dont l’UE devrait continuer à promouvoir le multilatéralisme et un ordre international fondé sur des règles, tout en adoptant un « pragmatisme de principe » pour défendre ses intérêts.
Le pragmatisme fondé sur des principes a été théorisé pour la première fois par le SEAE comme principe directeur de la politique étrangère de l’UE. Le débat sur cette question a pris une importance accrue pour le bloc, dans un contexte où l’on craint que l’administration Trump ne tente de contourner le droit international.