L'UE atteint son objectif d'envoi de munitions à l'Ukraine alors que l'aide globale chute

Les experts avertissent que l'aide européenne ne suffit pas à compenser le retrait de Washington.

EURACTIV.com
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Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne. [Union Européenne]

L’UE a respecté son engagement d’envoyer deux millions de cartouches de munitions de gros calibre à l’Ukraine en 2025, a annoncé lundi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères.

Les pays de l’UE ont envoyé plus d’un million de cartouches à l’Ukraine en novembre 2024.

« C’est nécessaire pour que l’Ukraine puisse se défendre », a déclaré Mme Kallas à la presse lundi matin avant le Conseil des affaires étrangères.

Les ministres de l’UE doivent discuter d’un soutien supplémentaire à l’Ukraine, notamment du projet de la Commission visant à utiliser les avoirs souverains russes gelés pour un « prêt de réparation ». Mais, aucun consensus n’existe au niveau de l’UE sur ce projet. La Belgique a appelé à trouver des alternatives, une position désormais partagée par l’Italie, la Bulgarie, Malte et la République tchèque.

Kaja Kallas a doublé la mise cette année avec un plan visant à dépenser 5 milliards d’euros pour deux millions de munitions d’artillerie de gros calibre avant 2026. Cela fait partie d’une proposition de 40 milliards d’euros présentée en mars pour soutenir Kiev.

Toutefois, l’initiative était au point mort depuis juin, lorsque la cheffe de la diplomatie européenne avait annoncé pour la première fois que 80 % des engagements avaient été pris. En septembre, Mme Kallas s’est engagée à atteindre l’objectif fixé d’ici octobre.

Parallèlement, la République tchèque a lancé l’année dernière un plan, baptisé « initiative tchèque en matière de munitions », afin de pallier la pénurie d’obus de 155 mm conformes aux normes de l’OTAN et d’autres munitions. Prague a coordonné les achats avec plus de 16 pays.

L’ancien Premier ministre tchèque Petr Fiala a annoncé la semaine dernière que l’initiative avait permis l’envoi d’1,8 million de munitions de gros calibre à l’Ukraine en 2025. Cette démarche devrait cependant prendre fin, avec le retour au pouvoir du populiste Andrej Babiš, qui a promis de mettre fin à la campagne de munitions de Prague.

Dans un contexte de baisse du soutien américain, les deux initiatives en matière de munitions n’ont pas suffi à combler le vide. Les experts avertissent que l’aide européenne ne compense pas à elle seule le retrait de Washington.

Car, elle aussi est en baisse. L’aide militaire européenne à Kiev a diminué de plus de moitié depuis le début de l’été, totalisant 4,24 milliards d’euros en septembre-octobre, bien en dessous des 9,8 milliards d’euros envoyés par les Européens en mai-juin.

Depuis l’été, ils se sont empressés de mettre en place des paquets d’armes américaines d’une valeur de 500 millions de dollars (environ 429 millions d’euros) afin de soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine via l’instrument PURL de l’OTAN. Mais, des poids lourds comme la France et l’Italie n’ont apporté aucune contribution via ce mécanisme.