L’UE approuve la révision du plafond du prix du pétrole russe dans le cadre de son 18e train de sanctions

Cette avancée intervient après la levée du veto de la Slovaquie, qui bloquait le texte depuis plusieurs semaines en raison de craintes pour sa sécurité énergétique.

EURACTIV.com
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L’UE serre à nouveau la vis contre Moscou. Les États membres ont approuvé, vendredi 18 juillet, un 18e train de sanctions contre la Russie, qui comprend une baisse significative du plafond du prix du pétrole russe et de nouvelles mesures commerciales et financières.

Cette avancée intervient après la levée du veto de la Slovaquie jeudi 17 juillet dans la soirée. Le pays bloquait le texte depuis plusieurs semaines, son Premier ministre, Robert Fico, réputé proche de Moscou, s’opposait au projet de sortie totale des combustibles fossiles russes d’ici fin 2027, redoutant un impact sur la sécurité énergétique de son pays.

Continuer à bloquer le nouveau train de sanctions était contre-productif, a expliqué Robert Fico dans une vidéo.

Le Premier ministre a déclaré avoir conclu un accord avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur des garanties pour la Slovaquie concernant les prix du gaz, notamment une protection contre les pénuries, les frais de transport élevés et un mécanisme de crise permettant de suspendre l’interdiction d’importer du gaz russe en cas d’urgence.

Même si la Slovaquie ne bloquera plus le paquet, Robert Fico a déclaré qu’une « deuxième phase de la lutte sur la question du gaz russe » commencerait immédiatement après le vote de vendredi.

« Nous continuerons à augmenter les coûts, afin que l’arrêt de l’agression devienne la seule voie possible pour Moscou », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE « frappait au cœur de la machine de guerre russe ».

Révision du plafond

Un élément clé du paquet, approuvé vendredi par les ambassadeurs de l’UE, est un nouveau mécanisme dynamique de plafonnement des prix du pétrole, qui fixerait le prix du pétrole russe exporté vers des pays tiers à 15 % en dessous du prix moyen du marché du pétrole brut russe.

Cela signifie que le prix sera désormais ramené de 60 dollars à environ 47,60 dollars le baril, et qu’il sera révisé tous les six mois afin de s’adapter aux fluctuations du marché, selon des sources diplomatiques.

Le plafonnement des prix a été initialement convenu en décembre 2022 par les pays du G7 et vise à empêcher la Russie de financer la guerre en Ukraine.

Les responsables de l’UE ont déclaré qu’ils espéraient obtenir l’adhésion des autres pays du G7, à savoir le Canada, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis. Jusqu’à présent, l’administration Trump n’a pas soutenu la révision des prix. L’administration Biden précédente avait été l’un des principaux promoteurs de l’idée d’un plafonnement global.

Bruxelles espère toujours obtenir le soutien d’autres partenaires, mais a déclaré que même sans eux, la révision du plafond des prix aurait un impact significatif sur le budget de guerre de la Russie.

Cibler la « flotte fantôme », les banques et les technologies à double usage

Le nouveau paquet ajoute 105 nouvelles inscriptions sur la liste des navires de la « flotte fantôme » russe, que Moscou a utilisés pour contourner le plafond des prix. Le nombre de navires interdits s’élève désormais à plus de 400.

Il introduit en outre une interdiction des transactions avec 22 banques russes. Le 18e paquet de sanctions comprend également une nouvelle interdiction des transactions relatives aux gazoducs Nord Stream 1 et 2, qui ne sont plus opérationnels depuis 2022, afin d’empêcher leur entretien, leur exploitation ou toute utilisation future.

Les nouvelles sanctions restreignent encore l’accès de Moscou aux technologies à double usage en ajoutant 26 nouvelles entités impliquées dans l’approvisionnement du complexe militaro-industriel russe.

Parmi celles-ci figurent 11 entreprises de pays tiers : sept en Chine, dont trois à Hong Kong et quatre en Turquie, ainsi qu’une raffinerie russe en Inde, selon des sources diplomatiques.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué sur X les nouvelles sanctions européennes, estimant qu’il s’agissait d’une « décision essentielle et qui arrive au bon moment », alors que « la Russie intensifie la brutalité des frappes contre nos villes et nos villages ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]