L'UE alloue la somme record de 715 millions d'euros à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme
Au sommet des Nations Unies à New-York, la Commission européenne a annoncé jeudi (22 septembre) un don historique de 715 millions d’euros en faveur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Au sommet des Nations Unies à New-York, la Commission européenne a annoncé jeudi (22 septembre) un don historique de 715 millions d’euros en faveur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Jamais la Commission européenne n’avait octroyé une telle somme pour alimenter le Fonds. Pour rappel, sur la période 2020-2022, la Commission avait versé 550 millions d’euros.
Cette année, les 715 millions d’euros pour la période 2023-2025 viennent s’ajouter aux 150 millions d’euros déjà alloués au Fonds mondial par la Commission en 2022 pour lutter contre la Covid.
« Après avoir uni nos forces pour lutter contre la Covid-19, nous devons reprendre nos efforts pour vaincre d’autres maladies mortelles. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme contribue à sauver des millions de vies », a déclaré la présidente de la Commission Ursula von der Leyen dans un communiqué.
Ensemble, les Etats membres et la Commission se sont engagés à verser 4 milliards de dollars au Fonds mondial.
Le Fonds permet de financer le traitement et le dépistage des infections grâce à des dons aux associations humanitaires sur place, à l’envoi de matériel médical, et à la formation des professionnels de santé.
Une partie des dons est également allouée à la recherche et au développement (R&D) pour trouver de nouveaux traitements, voire des vaccins pour les maladies transmissibles.
« L’engagement de l’UE en faveur d’une meilleure santé pour tous sera mis en évidence dans la future stratégie mondiale de l’UE en matière de santé, qui sera lancée dans le courant de l’automne », a réagi de son côté Jutta Urpilainen, commissaire chargée des partenariats internationaux.
Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial a permis de sauver 50 millions de vies et de réduire de près de 70 % le nombre de victimes du sida, selon les chiffres de la Commission.
300 millions pour la France
De son côté, Emmanuel Macron a annoncé que la France participerait à hauteur de 300 millions d’euros supplémentaires au Fonds mondial. Un montant bien en deçà des attentes de l’ONG One, qui plaidait pour un don de 1,6 milliard d’euros.
« La contribution française reste pourtant en dessous des 30 % d’efforts supplémentaires demandés à tous les contributeurs, qui ont été annoncés par de nombreux pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis, le Japon et l’Espagne », relève Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de One.
En effet, quelques jours avant le sommet des Nations Unies, l’ONG a demandé à tous les contributeurs d’augmenter leurs dons de 30%. La raison ? Depuis deux ans, la lutte contre le VIH ralentit.
« Avec la crise du Covid, l’accès à la prévention et aux traitements a été entravé. Et puis, les ressources disponibles pour lutter contre le VIH étaient moins généreuses qu’en 2019 et même qu’en 2010, c’est vous dire la régression… », témoignait Najat Vallaud-Belkacem dans une interview accordée à EURACTIV mercredi.
En 2021, 1,5 million de personnes ont contracté le VIH, principalement des femmes.
D’où l’urgence d’augmenter les dons. « Les seuls autres pays du G7 qui n’ont pas annoncé une augmentation de 30 % sont l’Italie et le Royaume-Uni, deux pays qui ont repoussé l’annonce de leur contribution à plus tard et qui sont pour l’instant loin d’être des exemples en termes de solidarité internationale », regrette la directrice de One.
Au total, 14,25 milliards de dollars ont été levés cette année pour soutenir le Fonds mondial. Un record.