L'OTAN va porter à 300 000 soldats ses forces à haut niveau de préparation

L’OTAN prévoit d’augmenter considérablement le nombre de ses forces à haut niveau de préparation opérationnelle pour le porter à plus de 300 000 militaires, a déclaré le secrétaire général, Jens Stoltenberg, lundi (27 juin).

EURACTIV.com
NATO chief Stoltenberg holds presser ahead of Madrid summit
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, prend la parole lors d'une conférence de presse avant le sommet de l'OTAN, à Bruxelles en Belgique, le 27 juin 2022. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

L’OTAN prévoit d’augmenter considérablement le nombre de ses forces à haut niveau de préparation opérationnelle pour le porter à plus de 300 000 militaires, a déclaré le secrétaire général, Jens Stoltenberg, lundi (27 juin), avant une réunion cruciale de l’alliance qui se tiendra à Madrid dans le courant de la semaine.

« Nous allons transformer la force de réaction de l’OTAN et porter le nombre de nos forces à haut niveau de préparation opérationnelle à bien plus de 300 000 », a-t-il déclaré aux journalistes à Bruxelles.

La force de réaction rapide de l’OTAN est une combinaison de moyens terrestres, maritimes et aériens conçus pour être déployés sans délai en cas d’attaque sur un territoire de l’alliance.

Sa taille n’a cessé de croître, passant de 13 000 à 40 000 hommes depuis 2014, notamment en réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

À la suite de l’aggression russe, un grand nombre de ces forces ont été placées pour la première fois en « haut niveau de préparation opérationnelle ».

Des groupements tactiques multinationaux sont en passe d’être installés en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, soit le long du flanc oriental de l’OTAN, au-delà de ceux initialement mis en place en Lettonie, en Estonie, en Lituanie et en Pologne.

Les plans visant à accroître la présence de l’alliance à l’est devraient inclure une expansion et un remodelage de la Force de réaction de l’OTAN (NRF), forte de 40 000 hommes, qui pourraient être multipliés par au moins six.

Cela se traduirait par un nouveau type de force pour les flancs est et sud-est de l’OTAN, baptisé Force de réaction alliée (ARF), avec des milliers de soldats supplémentaires basés dans leur pays d’origine mais prêts à être déployés si nécessaire, selon les diplomates de l’OTAN.

Il semble que chaque membre de l’OTAN, à l’exception de l’Islande, envisage de placer un plus grand nombre de ses propres forces en état de disponibilité pour défendre une zone particulière du territoire de l’OTAN dans le cadre de ce que l’on appelle les « plans régionaux ».

Lors du sommet de Madrid, l’OTAN modifiera également son positionnement à l’égard de la Russie. Dans la dernière stratégie de l’alliance datant de 2010, la Russie était encore décrite comme un partenaire stratégique.

« Ce ne sera pas le cas dans le concept stratégique que nous adopterons à Madrid », a déclaré M. Stoltenberg.

« Je m’attends à ce que les alliés déclarent clairement que la Russie constitue une menace directe pour notre sécurité, pour nos valeurs, pour l’ordre international reposant sur des règles. »

L’ancienne stratégie de 2010, qui est toujours officiellement en vigueur, stipule « qu’il y a la paix dans la zone euro-atlantique », que « la menace d’une attaque conventionnelle sur le territoire de l’OTAN est faible » et que l’un des objectifs est d’avoir un « véritable partenariat stratégique » avec la Russie.