L’OTAN signe des protocoles d’adhésion avec la Finlande et la Suède et lance le processus de ratification

Les ambassadeurs des pays membres de l’OTAN ont signé mardi (5 juillet) les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède, ouvrant ainsi le processus de ratification au sein de l’Alliance.

EURACTIV.com
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Conformément aux procédures de l’OTAN, les deux pays nordiques deviennent maintenant des pays invités et devront suivre le processus de ratification de l’Alliance, dans lequel ils doivent obtenir le soutien unanime de tous ses membres actuels. [NATO]

Les ambassadeurs des pays membres de l’OTAN ont signé mardi (5 juillet) les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède, ouvrant ainsi le processus de ratification au sein de l’Alliance comptant 30 membres. Toutefois, la validation du parlement turc pourrait encore constituer un obstacle à l’adhésion officielle de ces pays.

« C’est vraiment un moment historique », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, aux côtés des ministres des Affaires étrangères des deux pays. « Avec 32 nations autour de la table, nous serons encore plus forts. »

Les deux pays ont soumis leur candidature en mai, rompant avec leurs positions traditionnelles de non-alignement en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les responsables de l’OTAN ont terminé leurs entretiens avec les représentants des deux pays lundi, marquant ainsi l’achèvement de l’une des étapes du processus d’adhésion à l’OTAN.

Conformément aux procédures de l’OTAN, les deux pays nordiques deviennent maintenant des pays invités et devront suivre le processus de ratification de l’Alliance, dans lequel ils doivent obtenir le soutien unanime de tous ses membres actuels.

Le protocole signé implique qu’Helsinki et Stockholm peuvent participer aux réunions de l’OTAN et avoir un meilleur accès aux renseignements. Toutefois, tant que la ratification ne sera pas achevée, elles ne seront pas protégées par la clause de défense de l’OTAN selon laquelle une attaque contre un État de l’Alliance est une attaque contre tous les membres de celle-ci.

Le processus, qui pourrait s’avérer l’un des plus rapides de l’histoire de l’Alliance, devrait prendre près d’un an.

Les 30 membres de l’OTAN doivent désormais approuver la candidature d’un pays pour qu’il soit accepté au sein de l’Alliance, ce qui implique, dans de nombreux cas, que les parlements nationaux doivent donner leur aval.

L’Estonie pourrait devenir le premier pays à ratifier l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Le président de la commission des Affaires étrangères du parlement estonien, Marko Mihkelson, a déclaré que le parlement de son pays se réunirait mercredi et que les débats ne devraient pas durer plus d’une journée.

Sortir de l’impasse

Ces progrès interviennent après des semaines d’efforts diplomatiques avec la Turquie pour débloquer la situation qui a abouti la semaine dernière à Madrid, lorsque les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont signé un protocole d’accord.

Le texte signé par les trois dirigeants indique que la Finlande et la Suède « apporteront leur plein soutien » à la Turquie dans le domaine de la sécurité nationale et, dans une importante concession, ont promis qu’elles « ne fourniraient pas de soutien » aux groupes kurdes syriens PYD/YPG qui ont été actifs dans la lutte contre l’État islamique (EI) en Syrie.

Les deux pays nordiques ont également réaffirmé dans l’accord qu’il n’y avait pas d’embargo national sur les armes en ce qui concerne les ventes à la Turquie.

En outre, la Finlande et la Suède ont également confirmé leur soutien à « l’inclusion la plus large possible » de la Turquie et d’autres alliés non membres de l’UE « dans les initiatives actuelles et futures » des cadres de défense de l’UE, en particulier « la participation de la Turquie au projet CSP [coopération structurée permanente] sur la mobilité militaire ».

Toutefois, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a averti jeudi dernier, lors d’un sommet de l’OTAN à Madrid, que la Finlande et la Suède devaient d’abord tenir les promesses faites à la Turquie dans un accord, faute de quoi la ratification ne serait pas envoyée au parlement turc.

Des problèmes d’extradition

Cependant, malgré l’accord, l’approbation parlementaire en Turquie peut encore poser des problèmes pour l’inclusion finale en tant que membres.

À la question de savoir s’il s’attendait à ce qu’Ankara pose des problèmes lors de la ratification, M. Stoltenberg a répondu qu’il pensait que l’accord conclu à Madrid avait satisfait Ankara et que « la Finlande, la Suède et la Turquie avaient convenu qu’il constituait une bonne plateforme pour renforcer la coopération en matière de terrorisme ».

Toutefois, la question soulevée après le sommet de Madrid a été de savoir si trop de concessions avaient été faites à la Turquie.

Les deux ministres ont répondu par la négative à la question de savoir si des concessions spécifiques avaient été faites à la Turquie sur la question de l’extradition.

« Nous honorerons pleinement le mémorandum et il n’y a, bien sûr, aucune liste ou quoi que ce soit de ce genre dans le mémorandum », a déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde.

« Mais ce que nous ferons, c’est avoir une meilleure coopération en ce qui concerne les terroristes et aussi partager des informations », a-t-elle ajouté.

« Tout ce qui a été convenu figure dans le document de Madrid », a ajouté le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haarvisto.

La Finlande et la Suède ont l’habitude de travailler avec l’OTAN en tant que pays partenaires, notamment en assistant aux réunions de l’OTAN et en participant à des exercices militaires.

Le bloc militaire considère que les deux pays présentent des avantages immédiats, notamment en termes de sécurisation de la région balte et des avions de combat.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les deux pays nordiques ont également participé ponctuellement à un partage accru des renseignements et à des communications stratégiques.