L’OTAN discute d’un soutien militaire à long terme pour l’Ukraine

Selon le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance, réunis à Bruxelles mardi et mercredi, devraient principalement discuter de l’intensification du soutien à l’Ukraine sur le long terme.

Euractiv.com
NATO Foreign Ministers Meeting in Bucharest
Les membres de l’OTAN discuteront de la manière de soutenir l’Ukraine à la suite de l’invasion russe, tout en tenant compte des objectifs à moyen et à long terme. [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]

Selon le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance, réunis à Bruxelles mardi et mercredi (4 et 5 avril), devraient principalement discuter de l’intensification du soutien à l’Ukraine sur le long terme.

Les membres de l’OTAN discuteront de la manière de soutenir l’Ukraine à la suite de l’invasion russe, tout en tenant compte des objectifs à moyen et à long terme.

« Notre soutien s’inscrit dans la durée, et je m’attends donc à ce que les ministres acceptent de commencer à travailler à l’élaboration d’un programme pluriannuel pour l’Ukraine », a indiqué M. Stoltenberg à la presse lundi (3 avril).

L’assistance actuelle à l’Ukraine vise à fournir au pays une aide militaire non létale immédiate, notamment des brouilleurs de drones, du matériel d’entraînement, des rations de combat, du carburant, des bottes, des équipements médicaux, du matériel de neutralisation des explosifs, des groupes électrogènes et des ambulances.

Certains membres de l’alliance souhaitent « étendre » le paquet d’aide actuel à l’Ukraine, à la fois au niveau de son contenu et de ses montants.

Une extension du paquet serait « le moyen approprié » pour continuer à offrir à l’Ukraine « un renforcement des capacités en plus du soutien non létal actuel pour accroître l’interopérabilité avec l’OTAN », a déclaré un diplomate de l’Alliance.

M. Stoltenberg a proposé que le fonds actuel soit doté de 500 millions d’euros par an pour les dix prochaines années, selon une source au fait des discussions.

Jusqu’à présent, environ 150 millions d’euros ont été engagés dans le fonds convenu lors du sommet de Madrid en juin dernier. Les alliés de l’OTAN se sont individuellement engagés à verser des contributions supplémentaires au fonds, comme l’Allemagne (40 millions d’euros) et les Pays-Bas (75 millions d’euros).

Selon des personnes au fait du dossier, d’autres annonces devraient arriver dans les prochains jours.

Pour financer les projets déjà en cours, il reste un déficit financier de 450 millions d’euros à combler, ont indiqué deux responsables de l’OTAN.

Le futur paquet — qui sera remanié lors du sommet de Vilnius en juillet — pourrait permettre de soutenir Kiev de nouvelles manières, y compris via le renforcement des capacités dans la planification de la défense, la formation des forces armées ou l’investissement dans l’industrie de la défense ukrainienne. C’est ce qu’il ressort d’informations partagées avec EURACTIV par des sources de l’OTAN.

Étant donné que l’adhésion à l’OTAN et les garanties de sécurité semblent encore lointaines, l’élargissement du soutien militaire de l’alliance à l’Ukraine par le biais du paquet offrirait une garantie d’investissement dans le secteur de la défense de Kiev.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance discuteront également des conséquences de la guerre sur les budgets nationaux de défense et du nouvel engagement des États membres à atteindre l’objectif de 2 % du PIB pour les dépenses de défense.

« En juillet, je m’attends à ce que les alliés se mettent d’accord sur un engagement plus ambitieux en matière d’investissement dans la défense, car 2 % du PIB est le minimum », avait déclaré M. Stoltenberg le mois dernier.

Une commission OTAN-Ukraine

Les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN s’efforceront également de montrer que les relations entre l’Alliance et Kiev sont de plus en plus étroites.

La réunion du 4 avril se déroulera sous la forme d’une commission OTAN-Ukraine.

Concrètement, cette réunion ne sera pas très différente des réunions organisées depuis le début de la guerre, expliquent les responsables de l’organisation, mais elle servira de preuve de l’étroitesse des liens entre les deux parties.

Les Hongrois ont récemment renoncé à leur veto qui empêchait la tenue de la réunion après avoir plaidé pour la protection des droits de la minorité magyare d’Ukraine.

La querelle entre Budapest et Kiev sur les droits de la minorité magyare d’Ukraine dure depuis que le Parlement ukrainien a adopté en 2017 la loi intitulée « Garantir l’usage de la langue ukrainienne en tant que langue nationale ». En effet, selon la Hongrie, cette loi viole les droits de la minorité ethnique de Transcarpathie à étudier en hongrois.

Depuis le début de la guerre, l’OTAN et l’Ukraine ont intensifié leurs échanges, les ministres ukrainiens étant invités à toutes les réunions ministérielles pour informer leurs partenaires des derniers développements sur le champ de bataille et de leurs besoins.

Bien que Kiev soit encore loin de devenir un membre effectif de l’Alliance, les membres orientaux de l’OTAN souhaitent que l’Ukraine bénéficie d’un plan d’action pour l’adhésion, tandis que d’autres alliés préfèrent continuer à se concentrer sur un soutien militaire d’urgence.

Lors du sommet de Vilnius, les alliés devraient donner des indications plus claires à Kiev pour montrer que les liens avec Kiev se resserrent, mais qu’il reste encore de la marge pour d’autres réformes.

« L’astuce consistera à trouver une formule qui satisfasse tout le monde », a déclaré un haut fonctionnaire de l’OTAN.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]