L'OTAN condamne la cyberattaque iranienne contre l'Albanie tandis que les diplomates quittent le pays

L'OTAN et son secrétaire général, Jens Stoltenberg, ont condamné ce jeudi 8 septembre la cyberattaque iranienne contre l'Albanie, qui a amené le pays à couper ses liens avec Téhéran.

EURACTIV.com
Une vue générale des locaux de l’ambassade d’Iran à Tirana, en Albanie, le 20 décembre 2018. L’Albanie a expulsé deux diplomates iraniens pour avoir soi-disant porté atteinte à sa sécurité nationale. Selon les rapports, l’un d’eux aurait été identifié comme étant l’ambassadeur d’Iran à Tirana Gholamhossein Mohammadnia. Les responsables albanais n’ont pas précisé l’identité des deux diplomates ni leurs délits présumés. [EPA-EFE/MALTON DIBRA]

L’OTAN et son secrétaire général, Jens Stoltenberg, ont condamné ce jeudi 8 septembre la cyberattaque iranienne contre l’Albanie, qui a amené le pays à couper ses liens avec Téhéran et à exiger le départ de tous ses diplomates dans les 24 heures qui ont suivi.

La cyberattaque a commencé le 15 juillet et a paralysé tous les sites gouvernementaux et les portails en ligne des citoyens dans ce qui a été qualifié par les experts internationaux d’opération hautement sophistiquée.

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a annoncé mercredi que tous les diplomates iraniens devaient partir d’ici jeudi après-midi, enfonçant ainsi le dernier clou dans le cercueil de la détérioration des relations entre ces deux pays.

Dans un message publié sur Twitter, M. Stoltenberg a déclaré que l’OTAN était déterminée à continuer de renforcer la sécurité pour prévenir les cybermenaces et assurer une protection contre celles-ci.

« Je condamne fermement la dernière cyberattaque contre l’Albanie, que Tirana et d’autres alliés attribuent à l’Iran. Des experts de l’OTAN et des Alliés apportent leur soutien. L’OTAN est déterminée à continuer d’accroître la sécurité pour prévenir les cybermenaces et s’en défendre », a déclaré M. Stoltenberg.

L’OTAN a publié une déclaration complète reprenant les propos de M. Stoltenberg, ajoutant : « nous ne cesserons de monter la garde contre de telles cyberactivités malveillantes dans le futur, et nous nous soutiendrons mutuellement pour décourager, défendre et contrer l’ensemble des cybermenaces, y compris en envisageant d’éventuelles réponses collectives. »

Brigade anti-bombe sur place

Mercredi soir, le personnel de l’ambassade était sur les lieux, et de la fumée a été aperçue s’élevant du sol dans une tentative apparente de brûler des documents. Jeudi, les diplomates ont quitté le site et des escouades antiterroristes et anti-bombes sont entrées pour mener une inspection de trois heures.

Après leur départ, des gardes armés sont restés à l’extérieur tandis que le drapeau iranien flottait au-dessus de la porte.

Au moment de la publication de cet article, les diplomates sont à l’aéroport international de Tirana, en attente du départ de leur vol.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Ka’nani, a démenti ces allégations, les qualifiant de sans fondement.

« Étant l’un des pays qui a fait l’objet de cyberattaques sur ses infrastructures critiques, la République islamique d’Iran s’oppose et condamne toute utilisation du cyberespace comme moyen d’attaquer les infrastructures d’autres pays », a déclaré le porte-parole iranien.

Il a ajouté que l’Albanie avait été influencée par des tiers qui soutiennent le terrorisme, faisant référence aux Etats-Unis et à Israël.

Qui est l’OMPI?

L’Albanie est le foyer de l’OMPI (Organisation des moudjahiddines du peuple iranien), fondé en 1965 afin de s’opposer au Shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu par les États-Unis. Ils se sont engagés dans un conflit armé à partir des années 1970 contre l’État iranien jusqu’à ce qu’ils forgent une alliance avec l’Irak et se rangent à ses côtés pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran.

L’OMPI était auparavant classée comme organisation terroriste par l’UE, le Canada, les États-Unis et le Japon, mais cette désignation a été abrogée. En 2004, le gouvernement américain leur a accordé la protection sous la Convention de Genève.

Ils visent à renverser le gouvernement iranien, et quelque 1 000 membres vivent dans un complexe fermé et fortement surveillé à 40 km de Tirana.

Des personnalités politiques de l’UE ont offert leur soutien au camp de l’OMPI en Albanie.

En 2018, le gouvernement albanais a expulsé deux diplomates iraniens, dont l’ambassadeur, pour avoir « porté atteinte à la sécurité nationale » et avoir prétendument participé à la planification d’un attentat lors d’un match de football entre l’Israël et l’Albanie.

Les membres de l’opposition ont reproché au gouvernement albanais de ne pas être plus préparé face à la montée des menaces de cybercriminalité. Néanmoins, ils ont également déclaré que si le pays n’abritait pas l’OMPI, il ne serait pas une cible.