L’opposition polonaise dénonce la tenue du premier sommet de la présidence de l’UE à Bruxelles et non à Varsovie

La polémique court toujours en Pologne au sujet de la présidence du Conseil de l’UE. Dernier fait en date, le parti d’opposition PiS (CRE) critique la décision du gouvernement de Donald Tusk d’organiser le sommet informel des dirigeants de l’UE à Bruxelles plutôt qu’à Varsovie.

EURACTIV Pologne
Polish PM Donald Tusk’s Press Conference.
« Je ne peux pas imaginer que cette déréglementation, qui est censée faciliter la vie et créer plus d’espace pour les entrepreneurs polonais — des plus petites entreprises à celles qui disposent de ressources importantes — soit juste un processus bureaucratique », a déclaré le Premier ministre, expliquant sa décision de nommer un entrepreneur à ce poste. [Getty Images/NurPhoto]

La polémique court toujours en Pologne au sujet de la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE). Dernier fait en date, le parti d’opposition PiS (CRE) critique la décision du gouvernement de Donald Tusk d’organiser le sommet informel des dirigeants de l’UE à Bruxelles plutôt qu’à Varsovie.

Alors que le président Andrzej Duda (PiS/CRE) a préféré skier au lieu d’assister à la cérémonie d’ouverture de la présidence européenne de la Pologne le 3 janvier, le gouvernement de Donald Tusk (KO, PPE) essuie de vives critiques concernant le lieu où se tiendront certains événements de la mandature. Une nouvelle ombre au tableau de la toute récente présidence polonaise.

Si certains médias ont rapporté que le Premier ministre polonais avait choisi de ne pas organiser le sommet européen à Varsovie afin de ne pas être accueilli par Andrzej Duda avec lequel il entretient des relations fraîches, d’autres raisons officielles ont été invoquées.

Sur les 22 réunions ministérielles informelles qui se tiendront au cours de la présidence polonaise, les deux premières à l’ordre du jour, celles des ministres de l’Éducation et des ministres de la Justice et des Affaires intérieures, se dérouleront bien à Varsovie.

En revanche, un sommet informel des chefs d’État, traditionnellement organisé dans l’État membre exerçant la présidence, est prévu le 3 février à Bruxelles, ce qui n’est pas du goût du PiS.

« L’actuel Premier ministre se prive de la possibilité d’exercer une réelle influence sur la situation au sein de l’UE. Si ce n’est pas négliger les intérêts de la Pologne, je ne sais pas ce que c’est », a réagi l’ancien Premier ministre et législateur du PiS, Mateusz Morawiecki, lors d’une conférence de presse lundi 6 janvier, ajoutant que la tenue du sommet à l’étranger était « une grande perte ».

Mateusz Morawiecki, qui a été nommé le mois dernier à la tête du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, a également exhorté Donald Tusk à revenir sur sa décision et à organiser le sommet en Pologne.

Paralysie du trafic ou participation du président ?

L’eurodéputé Michał Szczerba de la Coalition civique (KO, PPE), le parti de Donald Tusk, a expliqué qu’il s’agissait simplement d’une question de logistique.

« Accueillir le sommet à Varsovie, contrairement à Bruxelles qui est bien préparée pour de tels événements, signifie essentiellement immobiliser ma ville natale pendant une semaine et perturber son fonctionnement normal », a justifié Michał Szczerba.

Varsovie a toutefois déjà accueilli le sommet de l’OTAN en 2016 et plusieurs autres événements de haut niveau, y compris des visites de présidents américains.

L’eurodéputé du PiS Michał Dworczyk a raillé la déclaration de son collègue, écrivant sur X que le gouvernement avait « fait de la Pologne un cirque », et que ce cas était la meilleure preuve de la piètre performance de Rafał Trzaskowski (KO, PPE) en tant que maire de Varsovie.

Mirosława Stachowiak-Różecka, députée du PiS, a même suggéré que le maire de Varsovie, candidat de la Coalition civique à la prochaine élection présidentielle, était trop occupé à faire campagne pour se préparer à un sommet.

En désespoir de cause et pour tenter de mettre fin à la controverse, le ministre des Affaires européennes, Adam Szłapka, a rappelé que le lieu d’un sommet informel n’était pas la question à traiter, et qu’il valait mieux se concentrer sur le contenu des sujets abordés.

[Édité par Alice Bergoënd et Sarah N’tsia]