L’opposition autrichienne bloque le redémarrage des centrales au charbon

Le gouvernement de Vienne n’a pas été en mesure d’obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour promulguer son « règlement sur le pilotage du gaz naturel », les partis d’opposition n'ayant pas apporté leur soutien.

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Session of Austrian federal council
L’Autriche, fortement dépendante du gaz russe, a cherché à réduire la consommation de gaz en revenant temporairement sur l’élimination progressive du charbon dans le pays et en demandant à l’industrie de passer à des combustibles alternatifs tels que le pétrole ou le charbon. [EPA-EFE/DANIEL NOVOTNY]

Le gouvernement de Vienne n’a pas été en mesure d’obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour faire adopter son « règlement sur le pilotage du gaz naturel », faute de soutien des partis d’opposition. Le redémarrage des centrales au charbon mises à l’arrêt a ainsi été bloqué – pour le moment.

L’Autriche, fortement dépendante du gaz russe, a cherché à réduire la consommation de gaz en revenant temporairement sur l’élimination progressive du charbon dans le pays et en demandant à l’industrie de passer à des combustibles alternatifs tels que le pétrole ou le charbon.

Le soutien du SPÖ, parti social-démocrate, ou du FPÖ, parti d’extrême droite, était nécessaire pour obtenir une majorité des deux tiers.

« Je trouve le comportement du SPÖ complètement irresponsable », a déclaré mardi (23 août) la ministre de l’Énergie Leonore Gewessler, évoquant l’importance de la centrale à charbon immobilisée de Mellach, qui pourrait alimenter jusqu’à 260  000 foyers en électricité et en chauffage en cas d’urgence.

« Je tiens le SPÖ pour responsable si des appartements occupés par des familles et des enfants restent dans le froid », a-t-elle déclaré au radiodiffuseur public Ö1.

Le SPÖ a fait part de sa volonté de négocier. « Nous sommes toujours prêts à discuter », a déclaré Jörg Leichtfried, vice-président du parti, lors d’une conférence de presse. L’une de leurs exigences est que les coûts supplémentaires résultant du changement de combustible ne soient pas répercutés sur les clients.

L’échec de l’adoption de la réglementation au Parlement est un coup dur pour le gouvernement autrichien de coalition conservateur-écologiste, de plus en plus impopulaire. Un sondage réalisé dimanche (21 août) a révélé que 21 % des électeurs voteraient pour les conservateurs, tandis que 11 % ont déclaré qu’ils resteraient fidèles aux Verts.

Le Parti populaire autrichien (ÖVP) a recueilli 37,5 % des voix lors des élections législatives de 2019, tandis que les Verts se situaient à 13,9 %.

L’Autriche dépend fortement du gaz pour chauffer les maisons en hiver et espérait réduire la consommation de gaz dans le secteur de l’électricité. En raison d’un été sec dans le pays, les installations hydroélectriques autrichiennes ont un rendement inférieur à la normale.