L’ONU se réjouit d’une « lueur d’espoir » pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes

Les pourparlers entre la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les responsables de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la reprise des exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire ont abouti à un accord sur la création d’un centre de coordination afin d’assurer la sécurité des voies d’acheminement.

EURACTIV.com
Turkey talks
Des délégations militaires russes, ukrainiennes et turques ont rencontré des représentants de l’ONU à Istanbul mercredi pour discuter de la reprise des exportations de céréales ukrainiennes depuis le port d’Odessa, situé sur la mer Noire, alors que la crise alimentaire mondiale ne cesse de s’aggraver. [Twitter]

Les pourparlers entre la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les responsables de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la reprise des exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, organisés à Istanbul, ont abouti mercredi (13 juillet) à un accord sur la création d’un centre de coordination afin d’assurer la sécurité des voies d’acheminement.

Une grande partie des céréales importées par les pays en développement provient d’Ukraine, mais depuis l’invasion russe, les ports ukrainiens sur la mer Noire sont soumis à un blocus, ce qui est notamment le cas du port d’Odessa.

L’Ukraine et l’Occident ont accusé Moscou d’exacerber la crise alimentaire mondiale en entravant les tentatives d’approvisionnement en céréales des pays les plus pauvres et en alimentant l’inflation.

Le Kremlin a rejeté toute responsabilité dans cette situation, accusant l’Ukraine de refuser d’enlever les mines qu’elle a placées le long de son littoral pour se protéger des attaques de la Russie et qui, selon lui, représentent un danger pour le transport maritime.

Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres a déclaré qu’une « étape critique » avait été franchie pour permettre « l’exportation sûre et sécurisée » de millions de tonnes de céréales via la mer Noire, mais a souligné qu’aucun accord officiel n’avait encore été signé entre Moscou et Kiev.

Le gouvernement turc travaille depuis des semaines avec les Nations unies à la négociation d’un accord, l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février ayant entraîné une hausse importante des prix des céréales, des huiles alimentaires, des carburants et des engrais, ainsi que des problèmes majeurs de chaîne d’approvisionnement dans le monde entier.

Dans un communiqué, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré qu’un accord serait signé la semaine prochaine lorsque toutes les parties se rencontreraient à nouveau, ajoutant que les parties avaient convenu de contrôles conjoints pour vérifier les céréales dans les ports.

« Dans un monde assombri par les crises mondiales, aujourd’hui, enfin, luit une lueur d’espoir », a déclaré António Guterres, lors d’un discours adressé aux correspondants au siège de l’ONU à New York.

« Une lueur d’espoir pour soulager la souffrance humaine et atténuer la faim dans le monde. Une lueur d’espoir pour soutenir les pays en développement et les personnes les plus vulnérables. Une lueur d’espoir pour apporter une certaine stabilité au système alimentaire mondial, qui en a bien besoin. »

« Depuis le début de la guerre, j’ai souligné l’importance de la disponibilité des produits alimentaires ukrainiens et des produits alimentaires et engrais russes sur les marchés mondiaux », a-t-il poursuivi.

Il a rappelé que la guerre en Ukraine fait rage, mais que les « nouvelles encourageantes » des pourparlers d’Istanbul « montrent l’importance du dialogue ».

Répondant aux questions des journalistes, il a également déclaré qu’il espérait que la première réunion d’Istanbul déboucherait sur une autre qui serait organisée « très bientôt », potentiellement la semaine prochaine.

Selon les diplomates, les détails du plan envisagé comprennent l’idée que des navires ukrainiens guident les navires céréaliers à l’entrée et à la sortie des eaux portuaires minées, que la Russie accepte une trêve pendant que les cargaisons circulent et que la Turquie — soutenue par les Nations unies — inspecte les navires pour répondre aux craintes de la Russie concernant la contrebande d’armes.

On ignore quelles pourraient être les concessions faites à Moscou dans le cadre d’un éventuel accord mais on sait que la Russie cherche à obtenir un allègement des sanctions occidentales.

Interrogé sur un éventuel accord de paix entre la Russie et l’Ukraine pour mettre fin aux affrontements, António Guterres a déclaré qu’il restait « un long chemin à parcourir », bien que les développements de mercredi soient un signe extrêmement encourageant.