Londres annonce une « taxe carbone » aux frontières, dans la foulée de l’UE

Le Royaume-Uni a annoncé l’introduction d’ici 2027 d’une nouvelle « taxe carbone » sur les biens importés à forte intensité carbone pour les secteurs tels que la métallurgie, le verre ou le ciment, dans la foulée d’un mécanisme similaire prévu dans l’Union européenne.

EURACTIV France avec AFP
Jeremy Hunt
Le Chancelier de l'Échiquier, Jeremy Hunt, a déclaré que la taxe « permettra de s’assurer que les produits à forte intensité de carbone provenant de l’étranger […] sont soumis à un prix du carbone comparable à celui des produits fabriqués au Royaume-Uni ». [EPA-EFE/CHRIS RATCLIFFE]

Le Royaume-Uni a annoncé lundi (18 décembre) l’introduction d’ici 2027 d’une nouvelle « taxe carbone » sur les biens importés à forte intensité carbone pour les secteurs tels que la métallurgie, le verre ou le ciment, dans la foulée d’un mécanisme similaire prévu dans l’Union européenne.

Actuellement, les entreprises situées dans des pays n’imposant pas de taxes aux grands émetteurs de carbone peuvent pratiquer des prix inférieurs à ceux de leurs concurrents britanniques, un problème que la nouvelle taxe carbone vise à résoudre, selon le gouvernement britannique.

« Les marchandises importées au Royaume-Uni en provenance de pays où le prix du carbone est inférieur ou nul devront payer une taxe d’ici 2027, garantissant que les produits étrangers soient confrontés à un prix du carbone comparable à ceux produits au Royaume-Uni », peut-on lire dans un communiqué.

Ce « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » s’appliquera aux produits à forte intensité de carbone dans les secteurs du fer, de l’acier, de l’aluminium, des engrais, de l’hydrogène, de la céramique, du verre et du ciment, précise le gouvernement britannique.

Le Chancelier de l’Échiquier, Jeremy Hunt, a déclaré que la taxe « permettra de s’assurer que les produits à forte intensité de carbone provenant de l’étranger […] sont soumis à un prix du carbone comparable à celui des produits fabriqués au Royaume-Uni, afin que nos efforts de décarbonation se traduisent par des réductions des émissions mondiales ».

« Cela devrait donner à l’industrie britannique la confiance nécessaire pour investir dans la décarbonation à mesure que le monde se dirige vers le zéro net », a-t-il poursuivi.

La mesure fera l’objet d’une consultation plus approfondie en 2024, notamment pour déterminer la liste précise des produits concernés.

Ce nouveau système fonctionnera « aux côtés du système britannique d’échange de quotas d’émission », qui a pris depuis le Brexit le relai du marché européen du carbone créé en 2005 et dont la réforme est aussi à l’étude, a précisé Londres dans son communiqué.

Dans l’Union européenne, les importations de carbone seront également taxées, puisque Bruxelles lancera son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) en 2026.

Le MACF obligera lui aussi les entreprises qui importent « des marchandises à forte intensité carbone » des secteurs du fer et de l’acier, de l’aluminium, du ciment, des engrais et de l’électricité, à payer une taxe sur le CO2 émis lors de leur fabrication à l’étranger.

Le 1er octobre, le bloc a lancé la première phase de ce mécanisme, qui constitue une première mondiale.

Ce mécanisme est né afin de maintenir des conditions de concurrence équitables entre les fabricants européens de ces produits — déjà soumis au marché carbone européen — et les autres, face à la disparition programmée des quotas gratuits en Europe.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]