Loi sur la restauration de la nature : l’opposition du Conseil de l’UE se renforce

La Pologne et la Finlande ont refusé de soutenir la loi sur la restauration de la nature, source de discorde, et ont préféré s’y opposer explicitement, ce qui a sérieusement limité les options de la présidence belge du Conseil de l’UE pour faire avancer le dossier.

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Suite à la décision de la Hongrie en mars de retirer son soutien, le sort de la loi sur la restauration de la nature est en suspens. Il suffirait qu’un seul État membre supplémentaire approuve le texte pour qu’il devienne une loi européenne. [[Euractiv illustration by Esther Snippe/Photos by EPA/Shutterstock]]

La Pologne et la Finlande ont refusé de soutenir la loi sur la restauration de la nature, véritable source de discorde depuis ses débuts, et ont préféré s’y opposer explicitement, ce qui a sérieusement limité les options de la présidence belge du Conseil de l’UE pour faire avancer le dossier.

Suite à la décision de la Hongrie en mars de retirer son soutien au projet de texte, le sort de la loi sur la restauration de la nature est en suspens. Il suffirait pourtant qu’un seul État membre supplémentaire approuve le texte pour qu’il devienne une législation européenne.

Un combat de cabinet à Varsovie

La loi sur la restauration de la nature a déclenché une véritable dispute lors d’une réunion du gouvernement polonais, selon les médias locaux.

Au cours de la réunion, la ministre centriste du Climat et de l’Environnement, Paulina Hennig-Kloska, a fait pression pour que le gouvernement soutienne la loi, mais le Premier ministre Donald Tusk l’a emporté et la loi a finalement été rejetée.

Donald Tusk a reconnu publiquement que la loi était dans l’intérêt à long terme des agriculteurs, mais a déclaré que la Pologne protégerait la nature « sans coercition européenne ». Il a également indiqué qu’un financement serait nécessaire pour toute action à ce niveau.

Le bureau de la vice-ministre du Climat et de l’Environnement, Urszula Zielińska, a confirmé que son parti écologiste soutenait la loi et qu’il « souhaitait que le gouvernement la soutienne également ».

La députée libérale du Parlement européen Róża Thun, qui a voté en faveur du texte en février, a exhorté le gouvernement polonais à adopter les « sages opinions » de la ministre du Climat et de l’Environnement. Elle a appelé à des « discussions sérieuses » pour sauver la loi, citant son importance critique pour le climat et la biodiversité pour les générations futures.

Helsinki rejette les ouvertures de la présidence belge

Le gouvernement finlandais a également confirmé son opposition à la loi sur la restauration de la nature. Selon des rapports locaux, cette décision a été prise malgré les efforts de la présidence belge pour convaincre Helsinki de soutenir le texte.

Le passage de la Pologne et de la Finlande de l’abstention à l’opposition au texte est purement symbolique, car seuls les votes de soutien comptent pour l’adoption des lois européennes. Toutefois, cela indique clairement que les deux pays n’aideront pas la présidence belge à dégager un consensus sur le dossier.

Les autres États membres qui s’opposent ou s’abstiennent ont réaffirmé leur position lors de la réunion des ministres de l’Environnement du 25 mars.

Le Premier ministre belge s’oppose personnellement à la loi

La présidence belge est confrontée à d’autres défis.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a exprimé une nouvelle fois publiquement son opposition à la loi au cours du week-end de Pâques.

Bien que la présidence ait souligné que les opinions personnelles du Premier ministre étaient distinctes de la position officielle de la Belgique, ces déclarations ne l’aideront pas à convaincre les États membres qui hésitent à soutenir le texte.

Une perte de vitesse

Plusieurs responsables nationaux contactés par Euractiv ont indiqué qu’aucun progrès n’avait été réalisé depuis la réunion des ministres de l’Environnement du 25 mars et qu’il était difficile de savoir quelles seraient les prochaines étapes.

Certains ont évoqué la perspective d’une reprise des travaux après les élections du Parlement européen en juin. Cependant, ces élections devraient favoriser les partis de centre droit, qui sont plus hostiles aux politiques de protection de la biodiversité.

[Édité par Anna Martino]