Loi bulgare pour limiter le nombre de projets sur l'énergie solaire et éolienne

La Bulgarie a approuvé une nouvelle loi sur les énergies renouvelables hier (21 avril) qui vise à contenir l'augmentation du nombre de projets sur l'énergie solaire et éolienne qui menacent de submerger son réseau vieillissant et de faire monter en flèche les prix de l'électricité.

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La Bulgarie a approuvé une nouvelle loi sur les énergies renouvelables hier (21 avril) qui vise à contenir l'augmentation du nombre de projets sur l'énergie solaire et éolienne qui menacent de submerger son réseau vieillissant et de faire monter en flèche les prix de l'électricité.

La loi modifie l’achat obligatoire par le gouvernement d’électricité produite par des générateurs d’énergie renouvelable à des prix fixes élevés, qui a mené à une augmentation des projets totalisant plus de 6 000 mégawatts, et a engendré un excédent d’énergie par rapport à la capacité du réseau du pays.

Le gouvernement de centre-droit affirme que la Bulgarie a besoin de seulement 2 000 MW de génération de nouvelle énergie pour remplir un objectif auquel elle s’est engagée auprès de l’Union européenne et qui exige que 16 pourcent de sa consommation d’énergie proviennent de sources d’énergie renouvelable d’ici 2020.

Le gouvernement vise à plafonner le nombre de projets d’énergie éolienne ou solaire pour maintenir les prix de l’électricité à des niveaux abordables et éviter le mécontentement des citoyens dans ce pays qui est le plus pauvre de l’UE.

Dans une tentative de désengorger le système, la nouvelle loi exige que les investisseurs payent des frais de connexion de 50 000 levs (25 euros) par mégawatt prévu lors de la signature d’un contrat préliminaire.

Elle demande également que le prix préférentiel soit fixé au moment de la construction du parc éolien ou solaire, et non pas au moment de la signature d’un contrat préliminaire comme le prévoyait l’ébauche initiale du texte.

Il réduit également la durée des contrats d’achat d’énergie à long terme de 25 à 20 ans pour l’énergie solaire et de 15 à 12 ans pour l’éolien.

Dans le cadre de la nouvelle loi, le régulateur énergétique fixera des tarifs annuels garantis qui se payent par unité d’électricité produite à partir d’énergie à faible teneur en carbone avant la fin du mois de juin chaque année.

Le gouvernement a déclaré que les mesures effrayeraient les spéculateurs et encourageraient les investisseurs à accélérer les projets et à ne pas attendre la baisse des prix des panneaux solaires et des turbines éoliennes.

Fermer des portes

Les associations pour l’énergie éolienne et solaire ont critiqué les changements, dont certains ont été effectués à la dernière minute au parlement, affirmant que ceux-ci bloqueraient significativement la croissance des énergies renouvelables et mettraient les projets déjà commencés en péril.

Des douzaines d’entreprises autrichiennes, espagnoles, américaines et allemandes se sont précipitées pour construire des installations d’énergie éolienne et solaire, augmentant ainsi la capacité éolienne à 336 MW l’année dernière par rapport à 103 MW en 2008 et la capacité solaire à 10 MW par rapport à1,4 MW il y a deux ans.

« Nous avons perdu deux ans, espérant que ce gouvernement soutiendrait le développement de l’énergie renouvelable. Nous voyons désormais que le texte ferme la porte aux nouveaux projets », a déclaré Nikola Gazdov, président de l’Association photovoltaïque bulgare.

Un haut fonctionnaire du parti au pouvoir bulgare, le GERB, a indiqué que le prix préférentiel pour les installations d’électricité photovoltaïque serait probablement réduit de 30 % d’ici juin, alors que cette réduction serait moins significative pour l’éolien.

M. Gazdov a déclaré que les investisseurs ne s’opposaient pas aux tarifs garantis mais au manque de prévisibilité et au fait qu’ils devraient construire une installation avant de savoir à quel prix l’énergie serait achetée.

Le nouveau texte établit de meilleurs encouragements pour l’énergie verte, de la biomasse au traitement des déchets, qui contrairement à l’énergie solaire ou éolienne créera plus d’emplois selon le gouvernement.

La Bulgarie ne dispose actuellement d’aucune centrale biomasse.

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)