Liz Truss face au défi d'une crise énergétique sans précédent

Liz Truss a accédé au poste de Première ministre du Royaume-Uni lundi (5 septembre) après avoir été désignée comme successeur de Boris Johnson au terme d'une campagne interne du parti conservateur. Sa prise de fonctions est marquée par des difficultés politiques et économiques historiques.

EURACTIV.com
Liz Truss announced new Conservative Party Leader
La nouvelle leader du Parti conservateur, Liz Truss, s'exprime après l'annonce de sa victoire au Centre Reine Élisabeth II, à Londres, en Grande-Bretagne, lundi (5 septembre). [EPA-EFE/NEIL HALL]

Liz Truss a accédé au poste de Première ministre du Royaume-Uni lundi (5 septembre) après avoir été désignée comme successeur de Boris Johnson au terme d’une campagne interne du parti conservateur. Sa prise de fonctions est marquée par des difficultés politiques et économiques historiques.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères a battu son rival Rishi Sunak par un score de 57 % contre 43 % à l’issue du vote des 160 000 membres du parti conservateur britannique. Le résultat s’est avéré plus serré que prévu, M. Sunak ayant comblé l’écart entre les membres du parti au cours des dernières semaines. M. Sunak était arrivé en tête du scrutin parmi les députés conservateurs à la Chambre des communes.

Bien qu’elle ait initialement fait campagne pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE lors du référendum de 2016, et qu’elle ait été encartée chez les libéraux-démocrates, parti pro-européen, alors qu’elle était à l’université, Mme Truss s’est imposée comme l’un des plus fervents défenseurs du Brexit.

Elle a bénéficié du soutien de la plupart des partisans de M. Johnson et a fait l’éloge du Premier ministre sortant pour sa gestion du Brexit, le déploiement des vaccins contre la Covid-19 ainsi que pour avoir « tenu tête à Vladimir Poutine ».

« Vous étiez admiré de Kiev à Carlisle », a-t-elle ajouté.

Son premier défi sera de rassembler un parti conservateur qui a été amèrement divisé par le leadership de Johnson.

Il est peu probable que M. Sunak accepte un poste dans le nouveau gouvernement et le ministre des Affaires Kwarsi Kwarteng est pressenti pour occuper le poste clé de ministre des Finances. L’ancien ministre du Brexit, David Frost, a également été pressenti pour un poste ministériel important.

Faire face à la crise

Mme Truss prend en charge une économie au bord d’une récession qui, selon la Banque d’Angleterre, pourrait durer un an. Elle est attendue au tournant pour introduire rapidement de nouvelles mesures afin de soutenir les citoyens britanniques face à la hausse des prix de l’énergie de 80 % cette année.

Il est probable que Mme Truss annonce un gel des prix de l’énergie ainsi que des réductions de l’impôt sur les sociétés et une baisse de 5 % de la TVA, afin de relancer l’économie par la consommation.

« Je m’attaquerai à la crise de l’énergie, en baissant les factures, mais aussi en m’occupant des problèmes à long terme que nous avons en matière d’approvisionnement énergétique », a déclaré Mme Truss dans son discours d’acceptation à Londres lundi.

En réponse à la question de savoir si le président français Emmanuel Macron était un « ami ou un ennemi », elle avait répondu la semaine dernière de manière évasive que « le jury est toujours en train de délibérer ».

Pendant la campagne, l’équipe de Mme Truss a laissé entendre que l’une de ses premières mesures en tant que Première ministre serait probablement de suspendre le protocole sur l’Irlande du Nord, bien que les priorités nationales soient susceptibles de prendre le dessus au cours des prochaines semaines.

Mme Truss était également responsable du dépôt du projet de loi — toujours en cours d’examen au parlement britannique — visant à annuler unilatéralement certaines parties du protocole.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réagi en déclarant : « J’attends avec impatience une relation constructive, dans le plein respect de nos accords ».

Mme Von der Leyen a également ajouté, peut-être en guise de clin d’œil aux commentaires de Mme Truss sur Emmanuel Macron, que « l’UE et le Royaume-Uni sont des partenaires ».