L’Italie restera un partenaire « fiable » de l’UE, promet Giorgia Meloni
La nouvelle Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a souligné que son gouvernement serait au cœur de l’UE dans un discours prononcé mardi dans lequel elle a minimisé l’euroscepticisme de son parti et ses liens avec l’extrême droite.
La nouvelle Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a souligné que son gouvernement serait au cœur de l’UE dans un discours prononcé mardi (25 octobre) dans lequel elle a minimisé l’euroscepticisme de son parti et ses liens avec l’extrême droite.
À l’occasion de son premier grand discours en qualité de Première ministre italienne, Mme Meloni a esquissé les priorités du nouveau gouvernement et sa politique européenne, déclarant à la Chambre des députés italienne que l’Italie continuerait à être un partenaire coopératif au sein de l’UE et de l’OTAN.
Dans son discours, qui semblait avoir pour but, du moins en partie, d’apaiser les craintes des voisins européens de l’Italie de la voir diriger un gouvernement eurosceptique et d’extrême droite, Mme Meloni a déclaré aux députés italiens que « l’Italie fait pleinement partie de l’Europe et du monde occidental » et qu’elle « continuera d’être un partenaire fiable de l’OTAN pour soutenir l’Ukraine ».
Mario Draghi, son prédécesseur, s’était montré résolument engagé en faveur de l’Ukraine.
Le parti d’extrême droite de Mme Meloni, Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), est arrivé en tête des sondages lors des élections générales du mois dernier avec 26 % des suffrages et a ainsi formé un gouvernement aux côtés des partis Lega et Forza Italia.
Mme Meloni a également indiqué que son gouvernement ne souhaitait pas ralentir ou saboter l’intégration européenne mais, rappelant la position nationaliste de son parti, elle a appelé à davantage d’« unité dans la diversité », précisant que « l’Italie respectera toutes les règles existantes » tout en contribuant à modifier celles qui ne fonctionnent pas.
Elle a également critiqué l’idée d’une Europe à deux vitesses, ou d’un bloc qui ne s’occuperait que des finances publiques — une référence au Pacte de stabilité et de croissance qui fixe des limites à la dette et aux déficits publics.
Le parti Fratelli d’Italia est l’héritier du Mouvement social italien, parti néofasciste d’extrême droite, alors que Mme Meloni a déclaré qu’elle n’avait « jamais éprouvé de sympathie ou de proximité avec des régimes non démocratiques […] y compris le fascisme ».
Bien que Mme Meloni ait fait campagne en promettant d’introduire une série de réductions d’impôts et de nouvelles dépenses, elle a rapidement fait marche arrière, indiquant qu’elle ne poursuivrait ni l’austérité ni « l’aventurisme fiscal ».
Son ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, est considéré comme un membre plus modéré du parti de la Lega, qui a été ministre du Développement économique sous le mandat de M. Draghi. Par ailleurs, Roberto Cingolani, qui était ministre de l’Energie au sein du gouvernement de M. Draghi, restera en poste en tant que conseiller.
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Un gouvernement divisé ?
Toutefois, l’unité du gouvernement présente déjà des signes de fracture.
Le leader de la Lega, Matteo Salvini, qui occupe les fonctions de vice-Premier ministre et de ministre des Infrastructures, s’est exprimé sur Twitter lundi après-midi pour faire part de ses promesses d’abaisser l’âge de la retraite, de généraliser l’impôt à taux unique et de construire enfin un pont entre l’Italie continentale et la Sicile, un projet évoqué depuis longtemps et qui, selon lui, créerait 100 000 emplois.
La semaine dernière, le partenaire de coalition de Mme Meloni, l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, a été enregistré en train de décrire son amitié étroite avec le président russe Vladimir Poutine.
Outre le prolongement du soutien du gouvernement italien à l’Ukraine, Mme Meloni a également salué l’accord sur l’énergie conclu par les dirigeants de l’UE, ajoutant qu’il s’agissait d’une première étape qui devait être mise en œuvre rapidement afin d’éviter à la fois la spéculation et les mesures de politique nationale qui « porteraient atteinte au marché unique. »
Par ailleurs, Mme Meloni a renoncé à exiger la réécriture et la renégociation du plan de relance et de résilience pour l’Italie, appelant plutôt à des changements mineurs à convenir avec la Commission européenne pour tenir compte des augmentations des prix de l’énergie et des matières premières.
La Première ministre a souligné l’importance de la mise en œuvre du programme, qui prévoit d’accorder à l’Italie près de 200 milliards d’euros de subventions et de prêts, soit le montant le plus élevé de tous les pays de l’UE, tant au niveau des investissements que des réformes nécessaires pour stimuler la compétitivité et la croissance.
Il s’agit là d’un changement de cap important dans la mesure où les eurodéputés italiens ont voté à plusieurs reprises au Parlement européen contre le plan de relance « NextGenerationEU » de 750 milliards d’euros de l’UE.