L’Italie relance l’exploration minière
Pour la première fois depuis 1990, l’Italie investit massivement dans la recherche géologique afin d’évaluer son potentiel extractif. Cette initiative marque un tournant dans la politique nationale en matière de ressources naturelles.
Pour la première fois depuis les années 1990, l’Italie investit massivement dans la recherche géologique afin d’évaluer son potentiel extractif. Cette initiative donne la priorité aux ressources que la Commission européenne définit comme essentielles et stratégiques pour l’économie et la sécurité de l’UE.
L’initiative, chiffrée à 3,5 millions d’euros, est portée par le Service géologique italien sous l’égide de l’Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale (ISPRA). Elle s’inscrit dans le prolongement du décret sur les matières premières critiques adopté l’an dernier par le gouvernement italien.
Le gouvernement prévoit quatorze projets de recherche répartis sur l’ensemble du territoire et une cartographie complète des dépôts de déchets de l’extraction.
Selon un communiqué du gouvernement, ce programme vise à faire le bilan du potentiel extractif largement méconnu de l’Italie et à fournir des orientations préliminaires aux investisseurs sur la disponibilité des matières premières au niveau national.
Les efforts d’exploration avaient été interrompus il y a plusieurs décennies à la suite de la fermeture généralisée des mines du pays, jugées non rentables à l’époque.
Mais la transition énergétique a rebattu les cartes. Le cuivre, le lithium et les terres rares étant désormais essentiels aux technologies renouvelables et aux infrastructures numériques, Rome souhaite exploiter ses ressources face aux pressions exercées sur la chaîne d’approvisionnement mondiale.
L’accent sera mis sur les matières premières que la Commission européenne a classées comme « critiques » et « stratégiques » pour la sécurité économique de l’UE et ses États membres.
Les autorités italiennes se concentreront également sur les minéraux essentiels aux industries nationales, tels que la zéolite, largement utilisée dans la construction et l’agriculture, ne figurant pas toujours sur la liste des matières premières critiques de la Commission européenne, mais qui sont tout de même considérées comme essentielles à l’économie nationale.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]